16 novembre 2009 - Réagissez à cet article
Sans stars, sans moyens de promotion pharaoniques et sans budget princier, le festival du film court de Brest réussit pourtant à s'installer comme un événement culturel majeur, année après année. 48.300 sièges ont été occupés lors de cette 24e édition.
Les yeux un peu petits par la faute d'une longue soirée de clôture, terminée bien après la cérémonie finale, le délégué général du festival du film court de Brest, PhilippeCoquillaud, savoure. «Les choses ont changé par rapport à l'année dernière», se réjouit-il. Sur l'étagère des satisfactions, deux jolis pots scintillent. L'un, d'ailleurs franchement terne l'an passé, a retrouvé des couleurs rarement vues aussi éclatantes. «Au niveau professionnel, nous avons ressenti un vrai bouillonnement. Les réalisateurs et les producteurs sont venus en très grand nombre de toute l'Europe», raconte Philippe Coquillaud qui y voit un signe fort dans la reconnaissance extra-muros du festival brestois.
Spectaculaire hausse de fréquentation
L'autre est également joli à regarder pour les organisateurs. Si année après année, la courbe de fréquentation n'a cessé de progresser doucement, cette année, elle a véritablement décollé. «L'an passé, nous étions sur une base de 44.600 sièges occupés. Cette année, d'après nos premières estimations, nous devrions frôler la barre des 50.000», compte le délégué. Une sorte d'exploit d'après lui car «nous n'avons pas de communication professionnelle. Le festival fonctionne grâce au bouche à oreille, les gens se parlent». Régulièrement lors de cette semaine, les salles ont affiché complet, même pour des séries multidiffusées pendant le festival. Une fois ou deux, l'engouement a même dépassé la logistique, provoquant certains désarrois. «Le mercredi, nous avions programmé la séance enfant dans une salle trop petite parce que nous n'avions pas le choix. Nous avons refusé une centaine de personnes et je comprends le mécontentementdes parents. Il va falloir revoir cela», admet PhilippeCoquillaud.
Retrouver l'esprit de la fête
Tout n'est pas parfait, donc. Pour la 25e édition à venir, les organisateurs avouent que certains tirs sont à rectifier. Au banc des accusés, le relatif manque d'animation en marge des projections, qui était pourtant, il y a quelques années, une marque du savoir-faire brestois, pose problème. «Il nous manque un lieu proche du Quartz, mais il est clair que nous devons envisager quelque chose». Comme un chapiteau, tendu dans le square voisin et déplié pour d'autres occasions? «Pourquoi pas, mais c'est cher. On en revient toujours au même problème». À ce budget rikiki en l'occurrence, de 550.000€ environ, et qui empêche les extras. Cette somme qui fait dire qu'au-delà du beau succès de l'année, «le festival reste un événement fragile» à moyenne échéance. À plus courte, il sait déjà que l'an prochain, il braquera ses feux sur le Royaume-Uni. Goodbye, hello, en quelque sorte.
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Brest ville. Festival du film court. Histoire de (re) faire le mur