letelegramme.com

 

Raid de La Réunion. Ils sont fous ces Bretons !

30 décembre 2008 à 15h45

  • Réduire le texte
  • Réduire le texte
  • Agrandir le texte
  • Agrandir le texte
  • Imprimer cet article
  • Ajoutez cet article
  • Envoyez l'article à un ami

L'île de La Réunion, petite terre française dans l'océan Indien, n'est pas qu'une destination de rêve pour les jeunes mariés. C'est aussi le théâtre d'une des courses à pied les plus dures au monde : Le Grand Raid de La Réunion, appelé aussi La Diagonale des fous. Au programme, 143 km du sud au nord de l'île et 8.000 m de dénivelé positif. Pour la 14 e édition, à partir de vendredi, 25 Bretons prendront part à cette aventure. Leur objectif : enfiler le t-shirt jaune marqué d'un « J'ai survécu ».

Le Grand Raid est à La Réunion ce que le Tour de France cycliste est à la métropole. Le week-end prochain, le coeur de l'île battra au rythme de celui des 2.500 concurrents, dont 500 métropolitains, qui oseront défier cette montagne posée sur la mer.
Gilles Diehl Réunionnais de coeur
Finir la traversée de l'île, c'est être garanti de recevoir le respect de tous les Réunionnais. Quant à celui qui gagne, il est idolâtré à jamais. Le Morbihannais Gilles Diehl, l'un des deux seuls « z'oreilles », surnom donné aux métropolitains par les Réunionnais, à avoir remporté l'épreuve en 2000 peut en témoigner. « C'est l'un de mes plus beaux souvenirs sportifs. Les gens me demandent de revenir ». Gilles Diehl est d'autant plus respecté qu'il avait franchi la ligne d'arrivée avec Thierry Técher, véritable star à La Réunion. « Pour moi, la convivialité et l'amitié priment sur la course ».
De 20 à 60 heures
La Réunion est une course hors norme. « C'est une longue randonnée », assure Diehl. Une « balade » qui dure tout de même de 20 heures pour les meilleurs à 60 heures pour les derniers et où tous les concurrents n'ont qu'une certitude : souffrir. Le parcours est terrible avec la montée vers le volcan, la traversée d'étendues désertiques, les cirques et leurs remparts abrupts... Ajoutez à cela, la chaleur, l'humidité et un dénivelé hors du commun, et vous obtiendrez la course en une seule étape la plus dure au monde. Si les meilleurs ne passeront qu'une nuit dehors, les autres, la grande majorité, auront droit à une deuxième nuit à la belle étoile. C'est là qu'interviennent les défaillances. C'est là que le mental lâche quand le physique ne suit plus depuis fort longtemps. Il n'est pas rare de voir des coureurs, exténués, dormir à même le sol. Mais heureusement que les bénévoles veillent. Aux différents points de ravitaillement, ils sont aux petits soins avec les concurrents. Ils les appellent par leur prénom, vérifient qu'ils sont encore lucides et les aident à se ravitailler.
« On s'ennuie sur un semi-marathon »
Mais qu'est-ce qui pousse des hommes et des femmes à prendre part à cette course où, par le passé, deux concurrents ont laissé la vie ? La plupart des coureurs répondent que c'est par défi personnel, qu'ils veulent voir où sont leurs limites. Et si la souffrance est inévitable, tous ne parlent que de bonheur, d'émotions très fortes, de grandes amitiés, de solidarité. Des valeurs qu'ils ne trouvent peut-être plus dans la vie de tous les jours. « Lorsqu'on a couru Le Grand Raid, on s'ennuie sur un semi-marathon », assure un coureur de la région morlaisienne qui, malgré 35 heures de souffrance l'an passé, repart cette année. Le départ aura lieu vendredi à 1 h du matin, heure locale (jeudi à 23 h, heure française). Possibilité de suivre la course en direct sur www.grandraid-reunion.com.

David Pasquio. « C'est une vraie drogue »

Vingt-cinq Bretons disputeront le Grand Raid de la Réunion le week-end prochain. Parmi eux, le Morbihannais David Pasquio, quatrième de l'épreuve en 2004.


- Comment êtes-vous venu au trail ? « Je suis un ancien footballeur. Je pratique la course à pied depuis quatre ans. Je suis rapidement passé au trail car j'aime courir dans la nature et j'ai vite remarqué que j'arrivais à faire la différence lorsqu'il y a du dénivelé ».
- Qu'est-ce qui vous plaît dans cette discipline ? « J'aime me surpasser, aller au-delà de mes limites. J'aime aussi découvrir des paysages et aller vers les gens. Le trail, c'est tellement dur qu'on est obligé de s'aider. On fait des rencontres extraordinaires. Dans le trail, les gens sont humbles. J'ai vécu des émotions que je n'ai jamais connues en vingt ans de football. C'est un sport sans argent ou presque, ça reste sain ».
- Comment avez-vous découvert le Grand Raid de La Réunion ? « Ça remonte à une dizaine d'années. J'avais vu un reportage à la télévision et j'avais dit à mes parents : " Je le ferai un jour ". Ils m'ont répondu : " Ça ne va pas " ».
- Quelle est la particularité de La Réunion par rapport à d'autres trails ? « 147 bornes, plus de 8.000 m de dénivelé positif, ce n'est pas accessible à tout le monde du jour au lendemain. Il faut un entraînement très dur et il faut être costaud mentalement. Ça ne se prépare pas en une semaine ou quinze jours ».
- La Réunion est-il le trail le plus dur au monde ? « Par rapport à ceux que j'ai faits, je réponds oui car c'est une course qui dure, pour moi, environ 24 heures. Il faut gérer des tas de paramètres, la nourriture, le dénivelé, la chaleur... Tout peut arriver, la défaillance, la blessure. On ne peut rien annoncer à l'avance ».
- Vous retournez à La Réunion pour la troisième fois. Comment se sont passées vos deux premières participations ? « Il y a quatre ans, j'ai abandonné à cause d'une tendinite. Avec le recul, je me dis que j'étais inconscient de faire ça. Je venais juste d'arrêter le foot et je n'avais que trois mois de course à pied dans les jambes. En 2004, j'étais revenu pour finir. A la surprise générale, je me suis classé quatrième. J'avais souffert mais pas énormément car je ne m'étais jamais mis dans le rouge. Au ravitaillement, je m'arrêtais trois quarts d'heure là où les premiers ne s'accordaient que cinq minutes. Je me faisais masser et je repartais ».
- Vous y retournez pour faire mieux... « J'y vais sans pression car je viens surtout pour les vacances. Je vais faire de la randonnée derrière. En fait, je profite toujours de mes courses pour voyager et visiter des régions ».
- Quelles sont les qualités requises pour boucler ce trail ? « Il faut être humble vis-à-vis de la montagne. On part de nuit et on attaque par 25 km de montée jusqu'au sommet du volcan à 2.400 m d'altitude. Il faut être dur au mal, accepter la souffrance mais il ne faut pas hésiter à s'arrêter aux ravitaillements et à se faire masser pour reprendre des forces ».
- Comment se prépare-t-on ? « Je cours tous les jours. En période de préparation, je fais entre 15 et 18 heures par semaine et je fais un gros travail de côtes car le problème, c'est qu'ici on n'a pas de montagne. Mes plus longues sorties durent trois heures. Aller au-delà ne sert rien ».
- Que répondez-vous aux gens extérieurs à votre sport et qui vous prennent pour un fou ? « Tout le monde est capable de le faire à partir du moment où l'on s'entraîne correctement et à condition d'avoir le mental. Après, chacun va à son rythme. Les gens qu'on rencontre, l'ambiance qu'on y trouve, tout cela donne envie de retourner dans ces courses-là. On finit crevé en se disant plus jamais ça et puis, oon y revient. C'est une vraie drogue ».

  • Recueilli par Y.-M. T.

David Pasquio en bref

31 ans. Vit à Guidel. Pompier professionnel à Lorient. Licencié à Quéven Athlétisme, membre du Team Salomon.
2006 : 9 e du Marathon des sables (230 km); 3 e de l'Euskal Endurance (67 km); 2 e du Marathon du Mont-Blanc (42 km).
2005 : 6 e du Marathon des sables; 3 e de la course des Templiers (67 km).
2004 : 4 e du Grand Raid de la Réunion (140 km).

Articles associés

  • Exportez cet article
  • Partagez cet article sur Wikio
  • Partagez cet article sur Scoopeo
  • Diggez cet article
  • Partagez cet article sur Facebook
  • Partagez cet article sur Fuzz
  • Partagez cet article sur del.icio.us
  • Envoyez cet article sur Blogmarks
S'abonner au RSS de cette rubrique
Exportez cet article
Rechercher
Twitter Facebook Retrouvez Le Télégramme sur Twitter et Facebook
Association pour le contrôle et la diffusion des médias

Mentions légales - CGU - CGV - Contact - N°ISSN 2102-6785

Les sites du groupe Le Télégramme:

L'actualité en Bretagne avec Le Télégramme | L'actualité des PME avec Le Journal des Entreprises | Les outils pour dirigeants avec NetPME | Emploi avec RegionsJob | Les annonces professionnelles avec OPE, Opportunités pour l'Entreprise | Bateaux d'occasion avec Magnautic.com | L'immobilier en vidéo avec Immo-Ouest.com | Location de vacances avec Bretagne.com |

Les sites de Pen Duick :

La route du Rhum | La Transat BPE | La Transat Jacques Vabre | La transat AG2R