30 décembre 2008 à 15h45
Combien gagnent les sportifs bretons ? Tel est le thème de l'enquête que nous avons menée auprès des clubs et des meilleurs joueurs et athlètes dans leurs disciplines respectives. Avec pour objectif d'essayer d'informer au plus juste et d'établir (de rétablir ?) certaines vérités. Quelques cas isolés mis à part, la plupart des dirigeants et sportifs interrogés ont répondu sur la défensive à nos questions. Quand ils acceptaient de le faire... L'argent reste un sujet tabou. Surtout lorsque son bulletin de paie affiche plusieurs milliers d'euros. Après un long travail de recherche et d'entretiens, nous vous proposons les conclusions de notre enquête. En commençant aujourd'hui par un coup de projecteur sur les salaires versés dans les clubs de football, de basket ou de volley bretons. Avant de nous intéresser demain à plusieurs sportifs individuels. Et le constat ne surprendra personne : mieux vaut être « modeste » footballeur de Ligue 2 que champion du monde de canoë-kayak. Financièrement parlant, s'entend...
Avec l'Etendard de Brest en Pro A et l'Ujap Quimper en Pro B, le basket de haut niveau est plutôt bien représenté en Bretagne, et notamment dans le Finistère. Les deux clubs ont un point commun : celui d'avoir l'un des plus petits budgets de leurs divisions respectives.
Un petit tour et puis s'en va... Promu en Pro A la saison passée, l'Etendard n'aura fait qu'un passage éclair dans l'élite du basket français où la hiérarchie des budgets s'est retrouvée au classement. Avec 1,8 millions d'euros pour la saison 2005-2006, soit l'avant-dernier budget de la division, Brest n'a pas pu faire de miracles. Ni sur le terrain, ni au niveau des revenus des joueurs.
Etendard : « Une moyenne de 3.500 EUR net »
« Le salaire moyen mensuel est de 3.500 EUR net sur une base de douze mois », déclare Christian Lemasson, le président de l'Etendard, qui n'en dira pas plus question chiffres. Si ce n'est que la nouvelle convention collective signée en août dernier entre les clubs et le syndicat des joueurs stipule qu'un joueur de Pro A (hors espoirs et aspirants) ne peut toucher moins de 2.500 EUR brut par mois sur 12 mois (2.000 EUR net). Pour ce qui est du plus haut salaire, on peut estimer qu'il a approché les 8.000 EUR net cette saison. Sans compter les primes de matchs instituées en début de championnat.
Quimper : « Entre 2.300 et 4.800 EUR brut »
Du côté de l'Ujap, pointé en 16 e position (sur 18) au classement des budgets de Pro B (950.000 EUR), le salaire moyen avoisine les 3.200 EUR brut (2.600 EUR net), d'après Michel Quémard, pour qui la masse salariale brute de Quimper se situe malgré tout dans la moyenne des clubs de la deuxième division française. « Nos deux Américains sont à 4.800 EUR brut sur environ dix mois (4.000 EUR net). Les autres touchent entre 2.300 et 3.200 brut (1.800 à 2.600 EUR net) », poursuit le président quimpérois, selon qui les meilleurs salaires de Pro B seraient de l'ordre de 7.000 EUR. A noter que la convention collective impose un revenu minimum de 2.000 EUR brut par mois aux joueurs de Pro B.
Parce qu'il ne bénéficie que d'une très faible médiatisation, le volley-ball brasse nettement moins d'argent que les autres sports collectifs populaires. En France, seul le Tours volley-ball, fort d'un budget supérieur à 2 MEUR, peut aujourd'hui rivaliser avec les formations italiennes et russes. L'équipe d'Indre-et-Loire s'appuie notamment sur son pointu bulgare, Vladimir Nikolov. Salaire mensuel estimé : 10.000EUR. L'an prochain, au Japon, le gaillard devrait empocher 300.000 dollars par an (240.000EUR environ, soit 20.000EUR par mois sur 12 mois) sans compter les contrats d'image.
REC : jusqu'à 3.500EUR
Rien de comparable en Bretagne. Au Rennes Etudiant-Club, où le budget est de 750.000 ¤, le président annonce des salaires mensuels (net) compris entre le Smic (1.000EUR environ) et 3.500EUR. « En moyenne, ça tourne à 1.900EUR plus une prime de fin d'année de 1.000EUR à chaque joueur », précise Jean-Yves Le Roux. Les loyers de la dizaine de pros sont également pris en charge par le club. « Ça représente 600EUR par mois par joueur », selon le président du REC, dont l'équipe sera accompagnée en Pro A par un autre club breton, le Saint-Brieuc Côtes-d'Armor Volley-ball, la saison prochaine.
Saint-Brieuc : jusqu'à 2.000EUR
Cette année en Pro B, les salaires des neuf joueurs professionnels oscillaient entre le Smic et 2.000EUR
net environ. Les onze hommes appelés à en découdre parmi l'élite toucheront en moyenne 2.000 à 2.500EUR plus l'appartement, déclaré au club comme un accessoire de salaire. Le budget devrait passer d'1 MEUR à environ 1,5 MEUR. « Mais il s'agit d'un prévisionnel et il y a fort à parier qu'il soit revu à la baisse en fin d'exercice », indique Frédérick Francillette, le président du club costarmoricain. Si les clubs de Pro A sont plutôt bien structurés, les pratiques sont plus floues en Pro B. Les joueurs, notamment Français, deviennent de plus en plus exigeants car ils sont peu nombreux sur le marché. Conséquence : des formations souvent très cosmopolites. Et des postes nettement plus rémunérateurs que d'autres selon leur importance dans un collectif. A noter enfin qu'au Véloce Vannes (Nationale 1, troisième division), il y avait cinq pros cette saison dans l'effectif avec des salaires qui ont tourné autour de 1.100EUR.
Entre 80 et 900 ¤ net par mois et aucune prime de match : voilà la situation des rugbymen du RC Vannes, où aucun joueur n'a le statut professionnel. Des émoluments qui vont forcément avoir tendance à augmenter la saison prochaine du fait de l'accession du club morbihannais en Fédérale 1 (troisième division). « Nous sommes à des années-lumière de l'argent de certains autres sports. Malgré l'évolution de notre discipline, nous garderons toujours l'état d'esprit propre au rugby », assure Philippe Garnier, le président vannetais, qui a travaillé avec un budget de 770.000 ¤ en 2005-2006.
Alors que Cesson est à la lutte pour l'accession en D1, le club de la banlieue rennaise ne compte qu'un seul pro (Adriano Marlin) dans son effectif. « Il touche 1.400EUR net par mois et son appartement est payé », assure Stéphane Clémenceau, le vice-président du club. « Hormis les deux plus jeunes qui sont nourris, logés et remboursés de leurs déplacements, les autres joueurs (certains travaillent, la plupart sont étudiants) touchent une indemnité (entre 450 et 900EUR par mois) ». Par ailleurs, il n'y a ni primes de match ni avantages en nature. A l'Arvor 29, 16 joueuses étaient indemnisées cette saison en D2. « Les quatre professionnelles (Pavel, Gras, Mbah et Diomandé) et la joueuse promo (Essomba) gagnent entre 800EUR et 1.500EUR net par mois. Leur loyer est également pris en charge et elles bénéficient de quelques avantages en nature (cartes de bus, de fitness...) », indique Georges Martin, le président du club. « Pour les autres, les indemnités vont de 140 à 280EUR mensuels ».
