20 janvier 2011 à 17h27 - 9 réactions
DCNS innove avec Flexblue, un concept de centrale nucléaire de petite ou moyenne puissance immergée non loin des côtes, à une centaine de mètres de profondeur. Les sites DCNS de Lorient et de Brest seraient naturellement impliqués dans la construction de ces unités sous-marines. Un premier prototype est espéré vers 2016-2017.
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«Le monde est avide d'énergie, est effrayé aussi par les perspectives de réchauffement climatique», explique Patrick Boissier, le P-DG de DCNS. Que faire pour relever ces défis ? Le salut passe par le nucléaire, Patrick Boissier en est persuadé et notamment par les réacteurs de petite et moyenne puissances. Les États-Unis, le Japon et la Russie planchent là-dessus.
«Sans équivalent»
La France - qui maîtrise l'ensemble de ces technologies - n'a pas l'intention de rater le coche. Et certainement pas le groupe DCNS. Le spécialiste des «bateaux gris» a décidé d'utiliser la matière grise de ses ingénieurs sur, notamment, le nucléaire civil. Depuis deux ans, des équipes travaillent dans le plus grand secret. Elles ont élaboré un concept innovant et totalement inédit: une unité immergée de production d'énergie nucléaire de petite puissance (50 à 250MW) «qui s'adresse à tous les pays qui ont une façade maritime. Ce qui fait beaucoup de monde!
Ce projet a un nom, Flexblue», a annoncé Patrick Boissier. «Flexible energy. Blue, comme la mer et l'énergie». C'est un concept sans équivalent sur le marché qui permet d'apporter «une source d'énergie sûre, continue, compétitive, qui n'émet pas de CO2, du modulaire, un concept qui n'aurait pas d'impact sur le paysage et accessible par la plupart des pays».
Cent mètres de long Douze de diamètre
À quoi ressemble Flexblue ? Les unités seront ancrées dans un environnement sous-marin extrêmement fiable, par 60 à 100mètres de fond, et à quelques kilomètres des côtes. Flexblue, c'est un cylindre de 100mètres de long, 12 à 15mètres de diamètre qui comprend une chaudière nucléaire, un groupe turbo-alternateur, une usine électrique. Des câbles sous-marins achemineront l'électricité vers la côte. Un système de ballasts permettra le déplacement vertical aisé de Flexblue dans les phases d'installation, d'entretien et, en fin de vie, de démantèlement», explique-t-on à DCNS.
«Chaque unité de production permettrait d'alimenter une ville comme Tanger ou l'île de Malte!», assure le P-DG de DCNS, soit une zone de 100.000 à 1.000.000 d'habitants selon la puissance de l'unité Flexblue, car il peut y avoir une ou plusieurs unités. De la souplesse: elles seraient transportables par des navires spécialisés, comme ceux utilisés aujourd'hui pour le déploiement des plateformes offshore.
Avec Flexblue, DCNS exploite ainsi ses 40 ans d'expérience:«Sous-marins nucléaires, porte-avions, nous avons monté 18 centrales nucléaires!», explique Patrick Boissier. Autre avantage: Flexblue utilise toutes les technologies éprouvées, toutes celles qui existent déjà à DCNS. On se sert de ce qui existe, pas besoin de lourds investissements. Ce qui permettra d'avoir un produit compétitif, capable de fournir de l'électricité à un coût compétitif. DCNS va travailler avec Areva, EDF, le CEA qui sont, dit-on, très séduits par le concept.
Tous les sites de DCNS concernés par le projet
DCNS pilote cette affaire: les unités Flexblue seront construites en chantier naval, à Cherbourg. Mais tous les sites de DCNS sont appelés à travailler sur Flexblue:l'ingénierie de Brest, Toulon et Lorient; les équipements avec les sites d'Indret (44) et Ruelle (16). Pour la maintenance, les sites de Toulon et Brest sont tout à fait adaptés.
«Flexblue s'adresse à tous les pays qui ont une façade maritime. Ce qui fait beaucoup de monde!»