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St-Brieuc. La France du vélo était là [Videos]

29 juin 2009

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Les championnats de France de cyclisme sur route, à Saint-Brieuc, ont remporté un véritable succès populaire, hier. Ch'tis, Béarnais, Vendéens, Bretons, toute la France du vélo s'est massée au bord de la route. Et parmi eux, des supporters, venus pour encourager leurs favoris et faire la fête.

Ils sont venus de Loudun (Vienne), de Calais (Pas-de-Calais), de Péaule (Morbihan), de Châteauroux (Indre), de Pau (Pyrénées-Atlantiques), de Vierzon (Cher) et même de Marouins, un petit village du Sud-Vendée. Des cars entiers, des camping-cars, des minibus et des voitures de supporters ont traversé la France pour encourager, soit une équipe, soit un coureur. Il faut avoir la foi. Aimer le vélo bien sûr, mais aussi, plus largement, le sport dans toute sa convivialité.

Casse-croûte pour le fan-club Agritubel

Sur les coups de midi, en marge du circuit, le fan-club d'Agritubel, qui a roulé toute la nuit depuis Loudun pour être là, ne se laissait pas dépérir. En attendant les derniers tours, ses membres s'offraient un petit casse-croûte, arrosé de Troussepinette. «On est là pour David Le Lay et Nicolas Vogondy», explique Catherine, de Châteauroux. «Moi, je soutiens Sylvain Chavanel. Il n'est pas chez Agritubel, mais c'est un gars du coin», lâche Pascal. 13h30, le soleil tape dur dans la côte de Plérin. Mais pas suffisamment pour assommer Michelle et Jean-Paul, venus de Pau soutenir Matthieu Ladagnous, un ami de leur fils. «On est des mordus de chez mordus et on y croit pour Matthieu», lance le fier Béarnais.

Des Schtroumpfs de Vendée dans la vallée

Tout est bleu un peu plus loin, au sommet de la côte, où le fan-club de Pierrick Fédrigo, fort de ses 350 membres, a sorti le grand jeu. Camping-cars et banderoles sont de la partie. Michel Fédrigo, le père du champion, à l'écart du groupe, a la tête entre les mains. Il est 14h, il ne sait pas encore que son fils prodigue sera, trois heures plus tard, le seul favori, ou presque, à tenir son rang dans cette course folle. Dans la vallée du Gouët, avant d'attaquer la deuxième difficulté, c'est le bleu et le blanc qui prédomine. Les couleurs de drôles de Schtroumpfs venus de Vendée pour soutenir l'équipe de Jean-René Bernaudeau. Il est 15h, les citoyens de Saint-Gilles-Croix-de-Vie, du Puy-du-Fou et de Marouins font la Ola pour le passage d'un peloton déjà bien amaigri.

Bienvenue aux Ch'tis

À 500m de la ligne d'arrivée, un groupe d'une quarantaine de supporters venu de Calais encourage Steven Tronet, un ch'ti gars de l'équipe Roubaix - Lille Métropole. Durant toute la journée, la fineéquipe a animé la course, armée de grosses caisses et de trompettes. «Ils ont des chapeaux ronds, vive la Bretagne», chantaient-ils encore en version ch'timi à l'arrivée de Dimitri Champion, de l'équipe Bretagne-Schuller.

  • Lionel Samson

Côtes d'amour

C'était beau comme dans un film mais ce n'était pas du cinéma: d'un coup de baguette magique, Champion a transformé les Côtes-d'Armor en Côtes d'amour.

Oh, le torrent d'émotions! La victoire de Dimitri Champion, hier à Saint-Brieuc, c'était du tonnerre. Un tonnerre qui a relégué aux oubliettes le fameux orage de 1995, celui qui avait inondé le prologue du Tour de France et ouvert une cascade de vannes pas toujours de bon goût sur notre climat. Certains s'étaient permis de faire croire qu'il pleuvait souvent par chez nous... A Saint-Brieuc, la plaie était encore ouverte mais, hier, elle s'est totalement refermée. Il faisait beau, très beau et Dimitri Champion est devenu le roi soleil. Il a fait fondre le public et ses rayons ont eu des conséquences incroyables sur ses proches.

Marchand de bonheur

Tenez, prenez le cas de Roger Tréhin. Le directeur sportif adjoint de Bretagne Schuller est, d'ordinaire, un garçon calme, pondéré, un vrai gendre idéal. Eh bien, hier, il s'est rué dans les bras de Dimitri Champion avec des yeux exorbités. On ne l'avait jamais vu dans un tel état. Le patron, Joël Blévin, n'était pas mieux. Le big boss a enlacé son coureur en jurant comme un charretier. «Putain, c'est fou, Dimitri!», ne cessait-il de répéter. Dimitri a ensuite croisé Jean-Marc Bideau, qui s'était sacrifié pour lui. Leur étreinte a été si forte qu'on a cru qu'ils allaient s'étouffer mutuellement. En le regardant se rendre au protocole, le public n'aurait pas été plus fasciné s'il avait marché sur l'eau. Ce n'était plus un coureur cycliste, c'était un marchand de bonheur qui avait commencé son show en franchissant la ligne: il avait fait mine de bercer un bébé. Rien de tel pour conquérir la foule. Elle a reçu le message 5 sur 5: Dimitri va être papa. Cyrielle lui donnera un fils le 7août. Et, bien sûr, Cyrielle était là. On ne trouve pas les mots pour décrire la cohue créée les photographes pour immortaliser le moment où elle a félicité son Champion champion.

Comme En Avant

Non, rien de rien. Rien n'a manqué au scénario d'un film beau à en pleurer racontant l'histoire d'un coureur revêtu du maillot de l'équipe «Bretagne» qui triomphe dans un championnat de France organisé sur ses terres. Comment ne pas penser à la victoire d'En Avant de Guingamp en Coupe de France? Hier, c'est encore un petit qui a terrassé les gros. Car il ne faut pas oublier que Bretagne-Schuller évolue au niveau 3 de la hiérarchie professionnelle. Les Côtes-d'Armor sont décidément une terre de miracle.

  • Jérôme Le Gall

Une température estivale, une foule impressionnante de plus de 50.000 spectateurs, une course nerveuse. Sans contestation possible, les championnats de France de cyclisme sur route de Saint-Brieuc auront été une réussite. La Bretagne et les Côtes-d'Armor ont confirmé leur réputation de terre de vélo. Et si cela ne suffisait pas, la victoire de Dimitri Champion, qui court pour les couleurs de Bretagne Schuller, est venue la confirmer.

Champion du travail

Dominateur sur la route, Dimitri Champion ne s'est pas, non plus, laissé marcher sur les pieds en conférence de presse.

On ne peut pas dire que la question lui a fait plaisir mais elle lui a été posée. Appelé à commenter les rumeurs qui avaient accompagné le non renouvellement, à la fin de la saison dernière, de son contrat chez Bouygues, le nouveau champion de France a répondu d'une manière aussi cinglante que ses démarrages. «Vous pouvez demander à Fabrice Blévin (NDLR: le fils du patron de Bretagne-Schuller). Il a vérifié et revérifié tous mes paramètres. Moi, je parle avec mes jambes et ceux qui ne sont pas contents, je les emmerde. Ils n'ont qu'à venir me voir sur le vélo de 8h à 14h. Pour ce championnat, j'ai encore travaillé davantage que d'habitude. Celui qui colporte des rumeurs n'avait qu'à venir assister à mon dernier stage en montagne. Il aurait vu si on s'arrêtait manger des glaces et boire des cocas.»

Champion de France amateurs en 2006

Et vlan! Sa mise au point ne nous étonne pas car Joël Blévin, le patron de Bretagne-Schuller, et Philippe Dalibard, le directeur sportif, ne ratent jamais une occasion de rappeler que le coureur né à LaRochelle (en septembre1983), mais qui réside aujourd'hui à Linas (Essonne), est un bourreau de travail. Blévin ne se lasse pas de narrer l'anecdote suivante: «Le jour de la deuxième étape du Critérium International, qui se dispute en matinée, je me suis levé de bonne heure et, à 5h30, Dimitri faisait du home-trainer dans le couloir de l'hôtel». Il se félicite chaque jour (et encore plus depuis hier) d'avoir accueilli ce solide rouleur, passé pro chez Bouygues en 2007, après avoir remporté le championnat de France amateurs 2006 à Chantonnay. «C'était en Vendée et je portais le maillot Vendée U.Aujourd'hui, le championnat a lieu en Bretagne, je porte le maillot''Bretagne'' et je gagne encore», savourait-il. Décidément, les courses au maillot tricolore l'inspirent: en 2007, il s'était classé 2edu championnat de France contre la montre (derrière Vaugrenard) et, l'an passé, 4edu championnat de France en ligne. Le titre était à sa portée mais on ne peut pas dire que Bouygues avait joué sa carte. Plutôt que de raviver la polémique, il préférait, hier, remercier Bretagne-Schuller de lui avoir tendu la main. Dans cette équipe, il s'est totalement relancé. Avant de revêtir, hier, la tunique tricolore, il avait gagné le Circuit des Ardennes et, surtout, le Tour du Finistère. Pour l'anecdote, sachez aussi que le porteur du maillot bleu-blanc-rouge est champion d'Ile-de-France...

Grandir avec Le Bon

Oui, mais voilà, le champion de France ne sera pas au départ du Tour de France, samedi à Monaco. Alors, inévitablement, la question a jailli: «Si une équipe du ProTour vous propose une place, vous dites oui?» La première fois, il a répondu: «Je ne sais pas». La deuxième fois: «Je ne dis pas non». De toute façon, il sait l'éventualité hautement improbable. En revanche, il espère que Bretagne-Schuller va changer de division pour frapper, dès l'an prochain, à la porte de la Grande Boucle. Blévin expliquait, hier: «Je me suis fixé la date butoir du 14juillet pour trouver le budget nécessaire au passage en''Continental pro''. Si j'y parviens, l'équipe comptera 17 coureurs la saison prochaine.» Dont un certain Johan Le Bon. Le petit prodige est un argument de choix pour trouver des partenaires. Depuis hier, Blévin a un autre atout dans sa manche: un champion de France!

  • Jérôme Le Gall

1. DIMITRI CHAMPION (Bretagne-Schuller), les 248km, en 6h05'55'' (moyenne: 40,665km/h); 2. A.Geslin (Française des Jeux), 5''; 3. A.Roux (Française des Jeux), m.t.; 4. A.Charteaux (Caisse d'Epargne), 1'03''; 5. H.Dupont (AG2R-La Mondiale), 1'05''; 6. G.Lequatre (Agritubel), 1'14''; 7. Ch. Riblon (AG2R-La Mondiale), m.t.; 8. S.Augé (Cofidis), m.t.; 9. J.SIMON (Besson Chaussures-Sojasun), mt; 10. N.Jalabert (Agritubel), m.t.; 11. P.Fédrigo (BBOX Bouygues Telecom), 1'16''; 12. G.Levarlet (Française des Jeux), 1'42''; 13. Ch. Moreau (Agritubel), m.t.; 14. J.-M.BIDEAU (Bretagne-Schuller), 2'19''; 15. F.GUILLOU (Roubaix-Lille Métropole), mt; 16. O.Bonnaire (BBOX Bouygues Telecom), 10'06''; 17. R.Di Gregorio (Française des Jeux), 13'13''; 18. S.Minard (Cofidis), 13'15''; 19. J.Loubet (AG2R-La Mondiale), m.t.; 20. J.-M.MARINO (Besson Chaussures-Sojasun), m.t.; 21. A.Moinard (Cofidis), m.t.; 22. A.DALIBARD (Bretagne-Schuller), 13'32''; 23. S.DURET (Bretagne-Schuller), m.t.; 24. N.HARTMANN (Bretagne-Schuller), m.t.; 25. N.Baldo (Team Differdange), m.t.; 26. B.Sonnery (AG2R-La Mondiale), m.t.; 27. N.Haddou (Auber 93), m.t.; 28. T.Hupond (Skil-Shimano), m.t.; 29. S.Chavanel (Quick Step), m.t.; 30. S.Tronet (Roubaix-Lille Métropole), m.t.... 34. D.LE LAY (Agritubel), m.t.; 35. A.G??RARD (Française des Jeux), m.t.... 40. F.MORIZOT (Besson Chaussures-Sojasun), m.t.... 50. B.VAUGRENARD (Française des Jeux), m.t.... 54. G.MALACARNE (Bretagne-Schuller), m.t.... 60. E.BERTHOU (Carmiooro-A-Style), m.t.; 61. C.GAUTIER (BBOX Bouygues Telecom), m.t.; 62. Y. PIVOIS (Bretagne-Schuller), m.t.; 63. CH. LE M??VEL (Française des Jeux), m.t.... 69 classés.

Les favoris Un grand non pour les grands noms

Ils rêvaient de revêtir le maillot tricolore. Mais, le rêve s'est transformé en cauchemar pour les cadors de ce championnat de France qui ont flanché un à un sur un circuit exigeant.

Marqué par 248km d'efforts, Pierrick Fédrigo est en pleurs, assis sur les marches de l'un des bus de son équipe, Bbox Bouygues Telecom. L'épuisement est total. «J'ai fini avec ce qu'il me restait», lâche celui qui aura été l'un des rares favoris à être devant, de bout en bout.

«C'était dur»

Onzième au final, à 1'16'' du néo-champion de France, Fédrigo poursuit: «Le parcours était usant. Avec la vitesse à laquelle ça roulait, j'ai quand même été parmi les hommes de tête. Mais, si j'ai senti le public derrière moi, j'ai aussi senti quelques crampes avant la dernière bosse et dans ce cas, on a tendance à douter, calculer le moindre effort. C'est une grosse déception. On a peut-être manqué un peu d'effectif devant, contrairement à La Française des Jeux. C'était une course dure et il fallait être dans un grand jour. Je me sentais bien mais ça n'a pas suffi». L'Alsacien Thomas Voeckler avait bien vu son coéquipier se battre pour le graal bleu - blanc - rouge. Seulement, les coureurs sont partis par petits groupes et il n'a rien pu faire, 69eau final, à l'arrière du peloton. «Quand j'ai vu les garçons s'en aller, je me suis dit que si on ne partait pas de suite, ça allait être fini. Pierrick échappé, il n'y a pas eu de réaction. J'étais très surveillé et je n'ai pas pu me démarquer». Dans la fournaise briochine, les treize tours de 19,1km à boucler n'ont pas souri non plus à Sylvain Chavanel qui comptait garder la ligne malgré son titre de champion de France du contre-la-montre perdu trois jours auparavant. Jérôme Pineau et lui étaient les seuls en lice de l'équipe Quickstep et cette donnée a peut-être été préjudiciable. Chavanel, 29e, raconte: «Le choix tactique était de garder des forces pour le final. C'est parti d'assez loin. Finalement, j'ai vécu la course à l'économie».

«Le public s'est sûrement régalé»

Parmi les autres déceptions, il y a Cofidis. Non pas en raison de son attitude à animer les débats, exemplaire hier, mais parce que la formation nordiste n'a toujours pas été sacrée sur l'épreuve nationale depuis qu'elle existe. «On court après ce titre depuis treize ans et on avait beaucoup d'espoirs aujourd'hui (hier), ne pouvait que constater Bernard Quilfen, l'affable directeur sportif. On avait du potentiel même si David Moncoutié n'était pas là. Mais, à un moment, il fallait rouler et on avait jeté beaucoup de forces dans la bataille. Alors, les meilleurs se sont retrouvés devant au cours d'une course qui a été très exigeante, vivement menée, sur un circuit difficile. D'ailleurs, il y a eu une grosse élimination par l'arrière. Au final, ça a été l'un des plus beaux championnats de l'histoire. Le public s'est sûrement régalé». Un oui massif pour l'intensité de ce «France», un grand non en revanche pour des cadors souvent en perdition.

  • François Le Fur

Christophe Moreau et Nicolas Jalabert Les papys font de la résistance

Si les favoris ont failli, les papys, eux, ont failli... y croire. Encore dans le coup à sixkm de l'arrivée, Christophe Moreau (38 ans) et Nicolas Jalabert (36 ans), les deux futurs retraités, ont animé ce «France».

«L'année prochaine? C'est la maison de retraite!» Christophe Moreau avait l'humeur badine après ses 6h07'37'' d'efforts. Car le «vieux» (38 ans depuis le 12avril), l'ancien de Festina et du Crédit Agricole, s'est montré comme aux plus beaux jours de sa carrière. Quand, par exemple, il termina 4edu Tour de France 2000. «??a a été un super championnat, savoure le Picard. La course idéale avant le Tour de France. Si j'avais?? pété?? au bout de cent bornes, j'aurais été inquiet. Mais, là, pas du tout. Bien sûr, j'ai souffert, ç'a été dur, j'ai même fini avec des crampes, mais je me suis surpris moi-même.»

«Le meilleur a gagné»

Il n'a manqué grand-chose au grand (1,86m) Christophe. La dernière bosse, entre Plérin et Saint-Brieuc, a fini par éteindre ses ambitions. Rien de plus normal, en fait. «De toute façon, je ne pouvais pas croire à la victoire. Ma préparation n'a pas été suffisante avant d'arriver ici, je me connais suffisamment pour le savoir. Cette place (13e), je l'ai surtout obtenue à l'expérience.» L'expérience. Le mot résonne également aux oreilles (et pas aux oreillettes) d'un certain Nicolas Jalabert. Avant d'être le frère de l'autre, le coéquipier de Moreau chez Agritubel est un coureur dont on ne se méfie jamais assez sur les courses d'un jour. Car si son équipe a joliment travaillé pendant toute la journée, c'est surtout son nez qui l'a guidé. «En 2002, j'avais fini des championnats de France alors que j'étais le seul de mon équipe. La CSC, à l'époque.» Hier, le petit Nicolas (36 printemps depuis le... 13avril) s'est fendu d'une excellente 10eplace à 1'14'' d'un certain Champion. «Quand on s'est retrouvé à vingt à 12km de l'arrivée, j'y ai cru, forcément. Mais, dixième, c'est ma place. La fraîcheur a fait la différence.» «Le meilleur a gagné», dit aussi Moreau qui y va même de son hommage appuyé pour Champion et la formation Bretagne Schuller dans son ensemble. «Je suis content pour cette équipe et ce coureur. C'est la preuve qu'il y a des talents partout.» Et le talent, c'est bien connu, se fiche pas mal des années...

  • Laurent Rivier

Equipe de France La Fédération mise sur l'effet Jalabert

Motiver les meilleurs Français pour les championnats du monde: voilà la mission de Laurent Jalabert, le nouveau manager de l'équipe de France.

Entre les cyclistes français et le championnat du monde, on ne peut pas dire que c'est le grand amour. A part quelques exceptions, nos ténors ne sont guère motivés par cette course programmée fin septembre et ils y vont à reculons ou refusent même leur sélection.

Occasion à ne pas gâcher

On songe par exemple à Pierrick Fédrigo, vainqueur à la fin du mois d'août2008 du Grand Prix de Plouay, et qui avait préféré aller à la chasse dans son Sud-Ouest plutôt qu'à la pêche à l'arc-en-ciel quatre semaines plus tard en Italie. «A Plouay, il avait gagné devant Ballan, qui est devenu ensuite champion du monde. Pierrick a compris depuis qu'il avait fait une connerie. L'occasion de devenir champion du monde, il ne faut pas la gâcher.» Ainsi s'exprimait Laurent Jalabert, le nouveau manager de l'équipe de France lors du point-presse organisé samedi à Saint-Brieuc. L'excellence des résultats sportifs au niveau international étant un de ses objectifs prioritaires, le nouveau président de la Fédération française de cyclisme, David Lappartient, a confié à l'ancien champion du monde contre la montre la mission de rendre son standing à l'équipe de France.

Six Français seulement au Mondial?

Ce n'est pas un luxe puisque la France est tombée au 14erang mondial. «Elle n'aura que six représentants au prochain Mondial (NDLR: à Mendrisio, en Suisse) si elle n'améliore pas son classement avant le 15août», a précisé Jalabert, qui a présenté son projet sportif. Avec Isabelle Gautheron, Directeur Technique National, et Bernard Bourreau, entraîneur, il va s'efforcer de redonner aux coureurs l'envie et la fierté de porter le maillot national. «Ma seule présence ne va pas tout solutionner», a-t-il précisé. Pas tout mais une partie car Lappartient mise sur l'effet Jalabert et le respect qu'il inspire aux coureurs français. «Si les gars me respectent, on va déjà gagner du temps», reconnaît le Mazamétin, qui désire revoir le mode de sélection. «On a déjà une idée du profil des coureurs capables de briller à Mendrisio. Après discussion avec leurs directeurs sportifs, on va opérer une présélection longtemps avant l'échéance et tenter de les motiver jusqu'à la fin de saison.» Et il s'empresse de préciser: «Je ne céderai à aucune pression pour que toutes les équipes soient représentées. Je prendrai les meilleurs, un point c'est tout.» Avec la motivation d'un cadet (dixit Lappartient), Jalabert veut redonner des couleurs à l'équipe de France. Des couleurs arc-en-ciel...

  • Jérôme Le Gall

Tour de France Seulement trois Bretons

Il n'y aura que trois Bretons (il n'y a sans doute jamais eu aussi peu...) au départ du Tour de France, samedi à Monaco. Agritubel a officialisé, hier, la sélection de David Le Lay et celles de Benoît Vaugrenard et Christophe Le Mével semblent acquises à La Française des Jeux, où Marc Madiot attend encore pour donner les noms des neuf heureux élus. Mais Arnaud Gérard ne se fait pas d'illusion. Sébastien Hinault estime aussi n'avoir aucune chance de faire partie des neuf coureurs retenus par AG2R - La Mondiale. Les autres Bretons sont trop tendres (comme Gautier et Blot par exemple), convalescents (comme Le Boulanger), pas demandeurs (comme Guesdon) ou évoluent dans des équipes (Bretagne-Schuller et Besson Chaussures - Sojasun) pas sélectionnées pour la Grande Boucle. AGRITUBEL: Maxime Bouet (FRA), Sylvain Calzati (FRA), Brice Feillu (FRA), Romain Feillu (FRA), Eduardo Gonzalo (ESP), Geoffroy Lequatre (FRA), David LeLay (FRA), Christophe Moreau (FRA), Nicolas Vogondy (FRA).

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  • La mascotte bien en vue, les tee-shirts floqués au nom de leur chouchou et de l'enthousiasme à revendre: les supporters (ici ceux du Breton Sébastien Hinault) ont animé tout le parcours de la course. Photo François Destoc
  • En franchissant la ligné d'arrivée, Dimitri Champion a indiqué par le geste au public qu'il allait bientôt être père. Photo Patrick Tellier
  • 1. Tenues estivales de rigueur, hier, pour admirer les coureurs en plein effort, qui attaquent la côte du Gouët. Au premier plan, les supporters et supportrices de Jérôme Pineau n'ont pas ménagé leurs applaudissements. 2. Entre les coureurs et le public, pas de barrières. ?? Saint-Brieuc, les sportifs se sont livrés sans rechigner au jeu des autographes (ici Amaël Moinard, de l'équipe Cofidis). 3. Supporter d'un champion précis, simple amoureux de la petite reine ou spectateur lambda venu en voisin, chacun a pu vibrer au passage des cyclistes. 4. Dimitri Champion, l'homme fort de la course, franchit seul la ligne d'arrivée et salue la foule. 50.000 spectateurs ont assisté à son triomphe. (Photos François Destoc)
  • Malgré son titre de champion de France, Dimitri Champion ne devrait pas participer au Tour de France. Photo Patrick Tellier
  • Damien Gaudin, Laurent Lefevre, Pierrick Fédrigo, Thomas Voeckler et Pierre Rolland: les Bbox Bouygues Telecom sont tombés de haut. Photo Patrick Tellier
  • A 38 printemps, Christophe Moreau est un 13e du championnat de France heureux. A l'instar de Nicolas Jalabert, son coéquipier chez Agritubel et autre «ancien» à briller. Photo Laurent Rivier
  • Laurent Jalabert, le nouveau manager de l'équipe de France, en compagnie de David Lappartient (président de la Fédération française de cyclisme) et Marc Madiot (président de la Ligue nationale de cyclisme). Photo Patrick Tellier
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