8 février 2011
Six batailles de succession à droite -dont celle du président Joseph Kerguéris- corsent les cantonales morbihannaises. Une «chance historique» pour la gauche.
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Les électeurs sont appelés à voter les 20 et 27 mars prochains, dans 21 cantons du Morbihan, pour renouveler la moitié du conseil général qui compte 42 élus, 26 de la majorité de droite et du centre et 16 dans l'opposition de gauche. La majorité aligne 14 des cantons renouvelables, la gauche sept.
«Chance historique» pour la gauche
L'alternance n'est possible que si la droite morbihannaise perd six cantons (*) au profit d'une gauche qui rêve de l'emporter. «C'est une chance historique de faire basculer le Morbihan, après des régionales cinglantes pour la droite, estime Hervé Pellois (Saint-Avé), porte-parole du groupe de gauche. Nous incarnons une profonde rupture avec les méthodes de l'UMP dans un département où un petit nombre décide pour tout le monde». Les six successions de sortants de la majorité qui se retirent peuvent effectivement servir l'opposition. Le premier des sortants n'est autre que le président centriste Joseph Kerguéris (Pluvigner) qui va désormais s'en tenir au Sénat. Une autre figure emblématique du Morbihan prend sa retraite: Aimé Kerguéris, cousin de Joseph, premiervice-président, ancien député et maire de Plouhinec. Les cantons réputés les plus chauds sont Questembert, Rochefort-en-Terre, Pluvigner, Port-Louis, Pontivy, Guémené-sur-Scorff et Vannes-Centre.
François Goulard à la manoeuvre
Principal enjeu de ces cantonales: qui succédera au président Kerguéris? Si la gauche l'emportait, Hervé Pellois aurait la légitimité d'un président. Si la majorité se maintient, François Goulard, député-maire villepiniste de Vannes, ancien ministre, candidat dans le canton du centre de sa ville, briguera la présidence. Son objectif est de tenter de maintenir le Morbihan à droite, en 2014, dans la future Région réformée où conseillers généraux et régionaux fusionneront en un mandat unique de conseillers territoriaux.
Une primaire n'est pas exclue
La présidence du conseil général permettrait également à François Goulard - qui devra quitter sa mairie pour cause de cumul - de conforter la droite à Vannes et d'amplifier le soutien breton qu'il apportera à son ami Dominique de Villepin à l'élection présidentielle de 2012. L'UMP sarkozyste laissera-t-elle la présidence à François Goulard s'il l'emporte à Vannes-centre? Sauf coup de Jarnac, l'affaire serait entendue mais une primaire, pour le fun et plus si affinité, n'est pas exclue. Yves Bleunven (Grand-Champ), Michel Morvant (Gourin), voire Pierrick Nevannen (Pont-Scorff) se tiennent prêts et ils sortiront à coup sûr du bois si François Goulard ne l'emportait pas à domicile.
* En cas d'égalité de cantons, 21 partout, la présidence reviendrait au doyen, le socialiste Jean-Marie Chadouteaux (Guer), 74 ans.

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