31 mai 2009
Charlie, parce que Chaplin ; Winston, because Churchill. Flanqué de tels patronymes, Charlie Winston ne pouvait que passer à la postérité. Hier, sans chichi, le «Hobo» (vagabond) des charts a fait halte à Art Rock. Petit coup de chapeau.
Vous êtes Anglais et c'est en France que vous devenez star. Pas trop frustrant? Du tout. Cela fait même du bien de rentrer chez soi et d'être totalement anonyme! Le succès, j'essaie de ne pas trop y penser. Jene regarde pas les sujets TV qui parlent de moi, et je ne lie pas la presse non plus. Chercher à savoir à tout bout de champ ceque les gens pensent de moi me rendrait fou. Donc j'essaie de prendre du recul. En France, j'observe que le public est très curieux sur le plan culturel et, globalement, se prend moins au sérieux qu'en Angleterre, où tout ce qui est artistique est un peu mis à part. Le seul problème qu'ont les Français, c'est le rythme quand ils applaudissent lors des concerts. Quand vous avez composé «Like a hobo», vous sentiez que vous teniez là un tube? Oui. En fait je n'écris pas des chansons pour la notoriété et tout ce qui va avec. Ça, je m'en fiche. Depuis que je suis tout petit, je sais que la musique, c'est ma vie. J'ai donc travaillé pour y arriver et toujours pris mon temps, refusant de céder àla mode ou aux directives des maisons de disques. Mon album, je l'ai fait à ma sauce, et ma carrière, je ne l'envisage qu'à ma façon. J'essaie de ne faire que ceque je juge de qualité. Tant mieux si ça marche. La Fance vous a d'ores et déjà adopté. En retour, la culture française vous séduit-elle? Oui, beaucoup. J'apprécie beaucoup Godard, Camus, Gainsbourg, Sartre, les Rita Mitsouko et Barbara. Brel aussi, même s'il est Belge. Votre chapeau, il a une histoire, non ? Des chapeaux, j'en ai des tas. Celui que je porte aujourd'hui (hier, NDLR), je l'ai acheté dans une boutique de charité à Bristol, en compagnie de mon frère (BillBaxter, NDLR). Il m'a coûté cinqlivres. Mais j'en ai un autre qui a une histoire beaucoup plus singulière. J'étais à San Francisco, à VenusBeach. Je veux reprendre le volant de ma voiture et là, petit problème: j'ai perdu mes clés. Je me mets donc à les chercher. Je ne trouve rien sur la plage si ce n'est un homme de 65 ans qui dormait sur le sable. Il me raconte qu'il est sans abri, qu'il vient de se faire opérer. On mange des burritos ensemble, on discute et, finalement, au détour de la conversation, il m'apprend que c'est un ancien des Harlem Globe Trotters ! Whouaou! Ledépanneur finit par arriver, il met 45 minutes pour tenter d'ouvrir ma voiture et, au moment où il s'apprête à la charger sur sa dépanneuse, un autre homme m'aborde: l'ancien clavier des ZZ Top ! Tout ça le jour de mon anniversaire! Ce jour-là, je portais le fameux chapeau. En soirée, alors qu'une petite fête était organisée en mon honneur, un chien l'a en partie dévoré. Mais bon, ce n'était pas bien grave. Après une telle journée, tout était bon à prendre !