28 mai 2009
Le festival Art Rock a construit aussi sa réputation sur le regard, unique, qu'il propose, chaque année, sur les arts numériques. L'édition 2009 propose une exposition qui va faire courir le public au musée.
Cinq installations de très haut niveau, cinq artistes, cinq nationalités différentes: pas étonnant si une bénévole d'Art Rock confiait attendre «énormément, énormément, de monde» au musée, pour ce nouveau regard sur les arts numériques proposé gratuitement dans le cadre du festival. Hier, des centaines et des centaines de visiteurs avaient déjà fait le déplacement. Ce week-end, ils vont être des milliers.
Jouer sur la «Reac table» de Bjõrk
Car ce n'est pas tous les jours que l'on peut jouer de la «Reac table», cet instrument du XXIesiècle conçu par Music technology group, un groupe de six informaticiens espagnols, et utilisé en concert par Bjõrk, en 2007. Un cercle translucide, des formes géométriques interactives à manipuler, qui produisent des sons synthétiques: c'est parti pour de la musique futuriste! Envie de jouer avec l'idée de postérité dans une oeuvre d'art virtuelle? Il suffit de se planter devant la «Videogrid» de Ross Philipps, professeur d'arts numériques à l'université de Westminter. Dans un écran divisé en 25 vignettes, les visages des visiteurs captés toutes les secondes se répètent indéfiniment dans un grand kaléidoscope vidéo. Besoin d'un peu de nature? Les plantes tombantes de Scenocosme, duo d'artistes lyonnais, ne demandent qu'à être frôlées, effleurées, touchées, pour produire des sons différents: un mariage étonnant qui a été exposé à la troisième biennale d'art contemporain de Seville, en Espagne.
Mon coeur bat en couleurs
Avec Julian Oliver, «c'est un petit monde qu'on tient à l'intérieur de sa main». Ce Néo-Zélandais diplômé de philosophe et d'architecture, propose un «memory game» où il s'agit de faire évoluer un personnage dans une habitation en retournant un cube. Quant à l'installation «Digital Puppetry» imaginée par Tine Papendick, elle suscite immédiatement l'engouement du spectateur. Ce dernier doit attraper des accessoires virtuels animés qui flottent au-dessus de lui, à l'aide de petits morceaux de papier autocollants, et placer ceux qu'ils affectionnent sur son image projetée sur un écran géant. L'artiste allemande a sans doute imaginé là l'oeuvre la plus ludique de cette exposition: gros succès en perspective! Un petit détour par la bibliothèque municipale s'impose également pour découvrir trois installations conçues par Tiphaine Letourneur, Cécile Besnard et Lucie Bouyaux, étudiantes briochines à l'école des Beaux-arts. Épaulées par Marc-Antoine Garnier, ClémenceMaillard et Carole Larrour, elles ont certes réalisé des oeuvres moins spectaculaires, mais qui ne manquent pas d'imagination pour autant. À commencer par cette table lumineuse qui change de couleurs au rythme des pulsations cardiaques des visiteurs. Qui a dit que la technologie était inhumaine?
«C'est un petit monde qu'on tient à l'intérieur de sa main»