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Art Rock 2009

Art Rock. Touché par la polio, il danse

29 mai 2009

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Ali Fekih présente en solo son dernier spectacle aujourd'hui sur le festival Art Rock à Saint-Brieuc. Atteint de poliomyélite, l'homme, âgé de 38 ans, est avant tout un danseur professionnel, malgré ses jambes qui le portent à peine. Plus généralement, un artiste sans concession.

«Tous les corps peuvent danser. Il faut juste trouver son propre vocabulaire». Ali Fekih a les jambes fines et fragiles mais la tête pleine de rêves et de pensées. Écorché vif, les cheveux en bataille, cet homme aux yeux noirs ne regarde pas ses pieds, bien au contraire. Il aime la confrontation. Passé le soupçon de réserve que lui procure la médiatisation d'un passage à Art Rock, il lâche, volubile, tout ce qu'il a en lui. Ce qu'il fait habituellement quand il est sur scène. «Quand je danse, je réalise ma pensée, confie AliFekih. C'est un langage à part entière. Mon langage».

La rue, son terrain d'expression

Quand il commence à danser, il y a 17 ans, son terrain d'expression est la rue. Une scène où on l'accepte. C'est là qu'il apprend, qu'il fait ses gammes, seul. «Les cours, j'ai essayé mais il y avait le regard des professionnelssur mon handicap». L'orgueil et la volonté se fichent des préjugés et Ali Fekih va traîner sa démarche syncopée dans des festivals de spectacles de rue, un peu partout dans le monde, avant de toucher la scène du doigt, notamment à New York. Sur lui, les regards changent. C'est d'abord un danseur. Une reconnaissance de son talent. Il multiplie les collaborations, élargit ses pratiques en se formant au théâtre, aux arts du cirque, au mime et aux marionnettes.

«Mon travail? Rendre ma danse intelligible»

Son dernier spectacle «Les flamants roses», qu'il présentera aujourd'hui à Art Rock, pose une question: «Comment tenir sur une patte sans jamais démissionner». Souvenir d'enfance? «Je les voyais souvent dans les marécages, à Giens, près d'Hyères (83), tenir sur une patte, petite longue, muscle sec et long». Une sorte de transposition pour celui qui peine tant sur ses deux jambes. «Pour l'autre en face, il est difficile d'imaginer qu'on puisse travailler et danser avec la fragilité, lâche-t-il. C'est sûr, il y a des douleurs, mais on n'obtient rien sans rien. Et puis, moi, je m'éclate avec mon corps; il n'y a pas de problème». Il est comme ça Ali: dur au mal et sans concession. À l'image de ses spectacles. «Ce n'est pas de mon ressort que ma danse soit accessible à tout le monde. Mon travail est de la rendre intelligible.» Pratique Ali Fekih participe aujourd'hui au festival Art Rock, à l'occasion d'une rencontre sur les pratiques artistiques et le handicap, de 9h à 13h, au Club 6, à Saint-Brieuc. À 14h30, il présentera son dernier spectacle, intitulé «Les flamants roses», au petit théâtre de La Passerelle. Entrée: 5 EUR.

  • Lionel Samson
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