29 mai 2009
Art Rock a démarré hier avec sur des chapeaux de roues avec une soirée 100% jeunes groupes français... totalement nourris de culture anglo-saxonne. N'en déplaise aux puristes, c'est aussi ça la musique «made in France».
«France, ta musique fout l'camp», pleurent les gardiens d'une culture qui ne doit surtout pas évoluer. Sauf que les générations passent et les musiciens changent. De Calc à Hushpuppies en passant par Cocoon, Moriarty, AaRON, Coming Soon ou les Briochins de The Wankin' Noodles, ils sont aujourd'hui nombreux à préférer Shakespeare à Molière. Etce, sans que cela nuise à la belle santé de la chanson française qui se porte très bien, elle aussi, merci.
Jeunes et jolis
Biberonnés à la brit pop, au punk britannique, à la folk, au rock et au rap US, cette nouvelle génération reproduit ce qu'elle aime, enl'accommodant à sa sauce. Et il n'y a guère plus qu'Éric Zemmour et consorts pour s'en émouvoir. Pour sa soirée de lancement, le festival Art Rock proposait, hier soir à La Passerelle, un concentré de cette scène française anglophile. Vivace, vivante et virevoltante. Français ou anglais, Sammy Decoster n'a pas choisi. Des deux cultures, le jeune homme a gardé lemeilleur. Multipliant les fausses pistes, Decoster marie sans fausse pudeur «Savannah Bay» ? inspiré par Duras «que je n'ai pas lu» ? à la country d'Hank Snow ? «Afool such as I», popularisé parElvis Presley. Son set blues-rock, très rock, a mis la soirée sur des rails, plus TGV que TER.
Excellent millésime
La température est montée d'un cran avec The Dodoz, la vingtaine triomphante et décomplexée. Jeunes mais super costauds, les Toulousains, emmenés par leur chanteuse Géraldine, font preuve d'une maturité musicale étonnante. Balançant entre post-punk et pop-rock, le quatuor a fait forte impression. Du bon gros son, efficace et entraînant, bienvenu pour se décrasser les esgourdes après delongs mois de disette. La fin de soirée s'annonçait à lahauteur avec Stuck in the Sound et Naive New Beaters, deux groupes français dont le nom fait déjà le tour d'Europe. «Le rock français, c'est comme le vin anglais», disait Lennon. Pour le vin anglais on ne sait pas mais le rock français a clairement pris de la bouteille!