4 septembre 2009 - 1 réactions
323 plaintes et deux kilos de salade nauséabonde: hier après-midi, une poignée de Trégorois en guerre contre les algues vertes ont porté un drôle de cadeau au procureur de la République de Guingamp.
Document
> Algues vertes. Le texte intégral de la plainte contre l'Etat (PDF - 2,89Mo)
Drôle d'odeur, hier, au tribunal de grande instance de Guingamp. Remonté, Yves-Marie Le Lay, président de Sauvegarde du Trégor, triture un paquet de plaintes visant le préfet des Côtes-d'Armor. Un brin taquin, il glisse entre les liasses parfois très motivées (jusqu'à 22 pièces jointes!) quelques pincées d'algues vertes en putréfaction. «Au cas où le procureur ne sache pas ce que c'est...». Sur le plateau nauséabond qu'il brandit, les fameuses ulves jugées responsables de la mort d'un cheval, et de l'intoxication de son cavalier, à Saint-Michel-en-Grève, le 28juillet.
«Mise en danger d'autrui»
«Si nous sommes là, c'est parce que nous sommes obligés de nous substituer à l'État face aux dangers de l'hydrogène sulfuré» assène-t-il. Les plaintes? «Mise en danger délibérée d'autrui. Il y en a 323», détaille Yves-Marie Le Lay, épaulé par des représentants des associations «Force 5», «Tréduder Nature et Patrimoine» et «Plestan Environnement». Un herbier revendicatif, collecté auprès de citoyens du littoral trégorois (de Lannion à Plougasnou) qui estiment que les plages, depuis 40ans, «sont gravement atteintes par une pollution persistante» et que malgré «le danger réel et constant» que représentent les algues vertes, rien n'est fait du côté des services de l'État. Certes, ceux-ci ont avisé les maires «des risques encourus», en leur imposant un balisage, sinon une fermeture pure et simple des plages au public. Mais Yves Le Lay et les plaignants n'y voient, de la part du préfet des Côtes-d'Armor, qu'un moyen de «sedédouaner».
Le préfet «responsable de la pollution»
Pour lui, les édiles n'ont pas à porter le chapeau en cas d'accident. Pour preuve, «un jugement en date du 25octobre 2007», rendu par le tribunal administratif de Rennes, «qui désigne en la personne des préfets des Côtes-d'Armor et du Finistère, le responsable de la pollution des cours d'eau par les nitrates agricoles, eux-mêmes à l'origine des marées vertes». Depuis cette date et même après la visite de François Fillon, le 20août, «le préfet des Côtes-d'Armor n'a pris aucune mesure visant à faire cesser cette pollution» et «continue à octroyer, dans sa circonscription, des autorisations d'exploiter et/ou d'étendre des élevages porcins, bovins et de volailles (...)». Une position qu'il entend combattre en justice. Hier, les plaintes n'ont pu être remises en main propre au procureur de Guingamp. «Mais la greffière m'a assuré que je recevrai un récépissé de toutes les plaintes déposées, souligne Yves-Marie Le Lay. On fait confiance au personnel de la République...».
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