21 octobre 2009 - 1 réactions
La dernière journée consacrée à l'étude des faits dans le dossier Algret s'est achevée, hier à Quimper, par un feu d'artifice de témoins peu crédibles et bien gênants pour José Antonio Freitas.
La cour s'était étonnée de leur absence conjuguée la semaine dernière. Pressions? Coïncidence? Contraints de se déplacer, tous trois étaient bien présents hier. Il eut été dommage de manquer ces témoins tant leur prestation a frôlé le ridicule. À leur corps défendant, chacun a enfoncé à sa manière José Antonio Freitas.
Le véhicule concassé
Premier à s'élancer, Hubert, 41ans. L'ami d'enfance qui a écrasé puis broyé dans une casse l'Opel Vectra de ChristianSoler, en janvier2006. Sans déclaration. C'est dans le coffre de ce véhicule que Bernard Algret avait été transporté de Bénodet à Nantes, le 16décembre 2005, par Soler, Joël Bogaert, Rachid Harafane et Pierre Kolyé. Dans ce coffre qu'il avait été blessé par balle. «Tonio m'a dit qu'il avait été flashéet qu'il fallait s'en débarrasser, se justifie le mécanicien, Je n'ai pas cherché plus loin, j'ai fait confiance. Ce n'est pas un ange, je pensais à un délit de fuite». Explications de «Tonio» qui nie toujours être le commanditaire de l'enlèvement et l'auteur des actes de tortures. «J'ai bien été flashé, on aurait reconnu ma tête au volant. Évidemment que j'avais appris ce qu'il s'était déroulé dans le coffre. J'avais utilisé cette voiture, avec mon ADN, l'amalgame aurait été fait. Ce véhicule était un danger. Où est le crime de le détruire?».
Une serveuse en service commandé
À la barre, Laïna, 36 ans. L'ancienne serveuse dans l'un des bars à hôtesses nantais de Freitas a réussi le tour de force d'arracher un «vous dites n'importe quoi!» à la présidenteAngel. Cette jolie serveuse brune avait été, en 2006, la confidente d'un Christian Soler ivre et avide de soulager sa conscience. À l'époque, Laïna avait certifié aux forces de l'ordre que «Chiffon» avait affirmé «qu'ils avaient eu du mal à nettoyer la mèche de la perceuse et que les autres lui avaient demandé d'acheverAlgret».
Qui a tué? «Joël Harafane»
Hier, il n'était plus question d'«achever» mais d'une mort par étouffement. Clairement en service commandé, mal à l'aise, prise au dépourvu par ses propres incohérences, elle a évoqué le temps qui passe. Et la presse. Sauf que la presse n'a jamais parlé de mort par étouffement. Soler oui. Dans sa version qui innocente Freitas. Clou du spectacle, Gilles, 44ans. Rarement témoin n'est apparu aussi agressif à la barre, menaçant même les accusés. Seule personne citée par la défense de «Tonio», il a parfaitement récité sa leçon. Soler se serait également confié à lui, ivre. Décidément. «Algret a été torturé à Bénodet et est mort en route, c'est ce qu'il m'a dit. ?Tonio? n'a rien à voir, il n'aurait pas pu travailler avec des baltringues pareilles». «Mais qui a tué Algret, alors?», l'interroge-t-on. «Ben, Joël Harafane», s'emmêle-t-il. Christian Soler, qui prend peut-être conscience que tout est en train de lui tomber sur le dos, sort de son silence. «Je ne sais pas de quelle BD il a sorti ça mais je ne lui ai jamais rien confié». Le témoin suivait pourtant sa version à la lettre. «Chiffon» en sait beaucoup. Mais il refuse toujours de répondre aux questions, trop effrayé par l'homme qu'il défend bec et ongles. Cet après-midi, débutent les plaidoiries de la partie civile. Suivra le réquisitoire de l'avocat général Yves Boivin qui pourrait réclamer des peines de prison à perpétuité, notamment pour José Antonio Freitas. Le verdict est attendu vendredi.
