30 décembre 2008 à 15h46
Henri Serin, représentant en parapluies, ne vit que pour les femmes et la peinture. Une jeune canadienne volage provoque la rupture avec sa vie passée, famille et boulot. Après une longue descente dans l'enfer de l'alcool, il reconstruit sa vie, au contact de Marie, qui vend des pommes d'amour à Rospico.
C'est à un festin de crudités que nous invite Joël Séria en 1975, avec ses galettes de Pont-Aven. S'y agite une troupe de crus gaulois qui ne rêvent de créatures callipyges. Ça tombe bien : elles ne rêvent, elles-mêmes, que de dévoiler leurs arrières. Les dialogues prennent autant de liberté que les corps, on y chante la femme sur tous les tons, les Fernande, les Félicie, les Léonore et les Lulu, toutes celles après qui Henri (Jean-Pierre Marielle) court. A la mode de Brassens, Calliope et Cupidon en moins.
Illustration grossière d'une libération
Le film, tourné sept ans après Mai 68, porte la marque de l'époque. C'est l'illustration vigoureuse - et parfaitement grossière - d'une libération. Contre le héros - qui fait lui aussi dans l'anti, peintre et VRP raté qu'il est, ne se dressent que quelques reliques de la société qui agonise. Un curé (Romain Bouteille) qui justement aime boire des coups, un bigot (Claude Piéplu), colporteur en liaison permanente avec le seigneur, avec qui il entretient une relation parfaitement cu... pide. Quid de la Bretagne dans ces bacchanales post soixante-huitardes ? Elle déroule ses peuplements soiffards et roublards. Même les femmes en coiffe (Dominique Lavanant) pratiquent le tapin mieux que la génuflexion et adorent un petit jésus qui subit l'ablution dans l'évier de la cuisine. Au détour d'un gros mot, on découvre un coin de Belon ou d'Aven, petits coins de verdure égarés parmi tant de verdeur.