5 avril 2009 à 22h20
Entame en douceur pour les 14 solitaires engagés dans la Transat BPE. C’est sous le soleil et dans les petits airs qu’ils ont quitté Belle-Ile pour mettre le cap sur sa cousine Marie-Galante. Thierry Chabagny a donné le tempo et Franck Le Gal emmenait la flotte, hier soir.
Il y a 3.436 milles devant les étraves pour départager les 14 solitaires mais cette transat Belle-Ile-en-Mer - Marie-Galante a commencé par une jolie régate au ras des falaises verdoyantes de la pointe de Kerdonis. Avant de s’attaquer à l’océan Atlantique, les figaristes au long cours ont fait étalage de leur talent et de leur finesse de régatier.
Au coup de canon, déclenché à 15 h par Laurent Voulzy, Gérald Véniard («Macif») s’était montré le plus prompt en bout de ligne alors qu’Erwan Tabarly («Athema») et Victor Jean Noël étaient rappelés pour départ anticipé et venaient réparer. Très vite Thierry Chabagny («Suzuki») enclenchait le turbo pour filer le premier vers la bouée de dégagement qu’Adrien Hardy, mal inspiré, passait du mauvais côté.
Ballet à Kerdonis
Au bout de 40 minutes de course, la brise donnait déjà des signes de faiblesse. Sur une mer plate et un soleil digne de Marie-Galante, les solitaires, très attentifs à la barre et aux réglages, progressaient à petite vitesse vers la bouée des Galères à la Pointe Kerdonis où de nombreux spectateurs s’étaient massés. C’était le promontoire idéal pour assister au ballet de virements de bord à flirter avec les cailloux et se faire quelques frayeurs. A cette dernière pointe à parer avant de mettre cap au large, Thierry Chabagny et Gérald Véniard étaient quasiment bord à bord par le travers du phare de Kerdonis.
Dans leur sillage, pointait le Quiberonnais Franck Le Gal («Lenze»), un peu dans son jardin, suivi par le grand Gildas Morvan («Cercle Vert»). Ces premières escarmouches sous le soleil bellilois n’étaient que le prélude d’une bataille d’au moins trois semaines.
Du vent à venir
Alors que les bateaux spectateurs faisaient demi-tour vers le port du Palais, Eole abandonnait les solitaires. C’est donc dans un vent poussif que les concurrents s’apprêtaient à vivre leur première nuit en mer. Comme le soulignait Nicolas Troussel : «Une météo paisible, c’est toujours plus agréable pour se mettre dans le rythme et trouver ses repères». Les choses vont vite changer et se corser. Gérald Véniard, qui avait décrypté les derniers fichiers avant de larguer les amarres, était affranchi sur le scénario météo à venir.
«Les premiers jours de course vont être musclés. On va aller chercher des fronts : un premier 24<EN>heures après le départ et un deuxième dans trois jours. On part pour faire quatre-cinq jours de près avec du vent maniable, les premiers jours. Et puis, un peu plus rugueux au bout de quatre jours, notamment au large du Cap Finisterre avec 30 nœuds de vent pendant 24 heures. Là, ça ne va pas être de tout repos mais ça donne le ton. On sera dans le bain tout de suite...», confiait le Rochelais avant de larguer les amarres.
Très vite, les conditions seront rugueuses pour ces 14 solitaires qui ont dû s’armer de patience pour s’éloigner des côtes belliloises. Hier à 19 h, Franck Le Gal menait une flotte très groupée devant Gildas Morvan.
