14 avril 2009 à 10h37
L'archipel de Madère est à présent dans le sillage de la grande majorité de la flotte de cette 5e BPE. L'heure de la partie océanique de cette transatlantique a sonné.
Avec le passage de Madère, borne de péage d'entrée sur l'autoroute des Alizés, débute la deuxième partie de la Transat BPE 2009. A partir de maintenant, les cartes des solitaires seront blanches de toute terre jusqu'à l'arrivée à Marie-Galante. Beaucoup plus longue en terme de distance que la première partie, cette seconde tranche se conjuguera sur un mode hauturier, portant et sans aucun doute plus confortable que le près des premiers jours. Avec une vingtaine de noeuds de portant en moyenne au large du Maroc, l'ambiance est donc au spi. Les grains se succèdent et rendent parfois le repos illusoire. Difficile en effet pour certains de se résigner à lâcher la barre quand une variation du vent, en force ou en direction, peut entraîner le fameux «cocotier» tant redouté et causer des dommages irréparables. Pour autant, les considérations tactiques ne sont pas totalement évacuées: Gérald Véniard (Macif), leader provisoire de l'épreuve ne cachait pas, qu'au-delà de la satisfaction légitime de se trouver provisoirement en haut de l'affiche, le classement n'avait encore guère de sens. D'autant que les prévisions météorologiques à venir annoncent une rupture de l'alizé à la longitude de l'anticyclone des Açores.
Situation complexe
En clair, la perspective de vents établis de nord-est à est jusqu'à Marie-Galante s'éloigne au profit d'une situation plus complexe que prévue. Devant ce nouvel aléa climatique, certains hument le nez au vent et se disent qu'il est parfois urgent d'attendre. D'autres laissent bouillir la marmite des supputations sous le couvercle d'un crâne heureusement protégé d'un chapeau à large bord quand d'autres encore réagissent au quart de tour... Question de tempérament: quand un Thierry Chabagny (Suzuki Automobiles) choisit de prendre son mal en patience, un François Gabart (Espoir Région Bretagne) n'hésite pas à rompre l'entente cordiale qui le liait à ses deux aînés Erwan Tabarly (Athema) et Gildas Morvan (Cercle Vert) sur la route du sud, en choisissant de plonger encore en direction des Canaries. La fortune sourit aux audacieux et l'apanage de la jeunesse n'est-il pas de prendre des initiatives, quitte à se brûler les ailes. Adrien Hardy (Agir Recouvrement) et François Gabart occupent respectivement les deux positions les plus extrêmes de la flotte. Sur l'océan Atlantique, près de 200 milles séparent les deux adversaires: dieu merci, la course au large n'est, au bout du compte, qu'un jeu.
