20 avril 2009 à 17h22
Après deux semaines de course, Gildas Morvan mène la Transat BPE. Pour garder son rang, il potasse sa météo, il fignole ses réglages, il barre beaucoup et il se repose un peu. En somme, il fait comme ses adversaires.
Les 13 navigateurs de la Transat BPE ne commencent pas leur journée comme les terriens, attablés devant un bol de café, leur journal et les biscottes beurrées. Depuis deux semaines, ils naviguent sur l'océan Atlantique et n'ont guère le temps pour rêver. Ils débutent leurs soirées sous un ciel sans lune et alignent les nuits blanches. Quand l'astre vient à poindre, le vent forcit et met en branle l'homme de quart. Et en solitaire, c'est toujours le même! Leurs aventures nocturnes se ressemblent. «La fin de nuit a été un peu mouvementée, racontait, hier, Gérald Véniard («Macif»). Il y a eu une nuit bien noire et le vent est monté progressivement de 22 à 35 noeuds. Sous grand spi et voile haute, il fallait faire attention à ne pas faire de sortie de route. Bref, j'ai eu un peu de stress!» Au classement général, il semblerait que Gildas Morvan («Cercle Vert») prenne ses quartiers aux avant-postes, laissant à ses poursuivants le soin d'animer la course.
Un chassé-croisé Troussel-Tabarly
Ainsi, Nicolas Troussel («Financo») et Erwan Tabarly («Athema»), positionnés le premier au nord du leader, le second au sud, troquent régulièrement leurs places de deuxième et troisième. «Ça ne va pas être simple de chiper la première place à Gildas, commente Erwan Tabarly. J'ai fait une Transat Ag2r avec lui, je sais qu'il ne perdra pas les pédales, il a l'habitude d'être en tête». Pour les jours qui viennent, Jean Maurel, directeur de la course estime que «les sudistes, Erwan Tabarly et François Gabart («Espoir Région Bretagne»), pourraient être mieux placés parce qu'ils auront un meilleur angle que Gildas Morvan. Leur route au sud reste donc intéressante. Mais leur avantage ne sera pas spectaculaire».
«Le vendredi 24 à 9h TU à Marie-Galante»
Sur «Cercle Vert», on étudie attentivement la meilleure route à suivre. Deux logiciels de routage tournent en permanence et Gildas Morvan bûche ses fichiers météo: «J'essaie de bien réfléchir à ce qu'il va se passer. Je commence par définir ma stratégie et une fois que c'est fait, je regarde ce que font les bateaux. Je surveille plus «Athema» que «Financo» car je ne compte pas aller au nord». Effort rimant avec réconfort, sa cambuse lui réservait, samedi, un dîner au foie gras et au cassoulet. Après un tel menu et gratifié d'un bon classement, celui qu'on surnomme le géant vert était en forme et lançait à ses adversaires un nouveau défi: «Pour moi, on arrivera le vendredi 24avril, à 9h TU. On va faire un record, on va battre celui de Nico Troussel!» En 2007, ce dernier avait gagné la transat en 21 jours, 9heures et 11 minutes.
