24 avril 2009 - 1 réactions
Gildas Morvan est de plus en plus menacé par Erwan Tabarly et François Gabart déboule pour arbitrer ce duel. A 250 milles de l'arrivée à Marie-Galante, les jeux ne sont pas faits sur la Transat BPE.
A Marie-Galante où l'organisation de la Transat BPE a planté son chapiteau, l'alizé secoue doucement les cocotiers et autres manguiers. Sur l'Atlantique, il continue à pousser les solitaires sur un rythme soutenu vers l'île chantée par Laurent Voulzy. Mais à bord des Figaro ce n'est pas l'ambiance de la croisière s'amuse. Le scénario d'un final sous haute tension avec deux, voire trois solitaires à la lutte pour la victoire se confirme. Si Gildas Morvan (Cercle Vert) garde le leadership, sa suprématie est vivement contestée par un Erwan Tabarly (Athéma) qui s'est rapproché à moins de 15 milles de son tableau arrière, hier, et par François Gabart. Les hommes du Sud, qui progressent tribord amure, ont le vent en poupe et Gabart, jeune marin plein de culot, en a profité pour chiper la troisième place à Nicolas Troussel (Financo). Le skipper Espoir Région Bretagne, qui revient comme un avion, peut encore être le troisième larron de l'histoire. Plus au Nord, Troussel, le tenant du titre, n'a pas encore dit son dernier mot pour le podium.
Tabarly en chasseur
Ces solitaires, dont la résistance a été entamée par près de trois semaines de mer, vont devoir faire preuve de lucidité et avoir les nerfs solides pour cette bataille finale à couteaux tirés. Hier matin à la vacation, les candidats à la plus haute marche du podium ne voulaient laisser paraître aucune faiblesse dans leur jeu. «Il reste une journée et demie de régate, il faut tout donner. A bord la tension monte mais j'essaie de ne pas trop penser. Par contre, au niveau rythme, je dors maintenant le strict minimum. Il faut être sur le pont pour être en phase avec le bateau», confiait Erwan Tabarly, la voix claire. Ce garçon discret et posé à terre n'en est pas moins habité par un tempérament de gagneur. Depuis Madère, il a misé sur son décalage au Sud en espérant un meilleur angle au vent pour finir cette transat. «J'ai fait tourner les routages, seulement quinze minutes nous séparent, Gildas et moi. Cela va se jouer à peu de chose et il y a bien sûr un scénario que je préfère...» Face à cette menace Tabarly qui s'est précisée, Gildas Morvan ne s'affole pas trop. «Je savais qu'Erwan allait reprendre du terrain, il n'est plus très loin. Mais je devrais normalement bénéficier d'une rotation à l'Est. Aujourdhui, cela devrait être pas mal pour moi avec un bon angle et de la pression. Si je pouvais le mettre à 20 milles ce soir (hier soir), ce serait pas plus mal.»
Le Cam vote Morvan
Patron incontesté de la flotte depuis sept jours, il sait que la partie va être serrée. Lui aussi a fait tourner ses modèles de routage. «Le routage, c'est une chose et il y a la réalité car l'alizé est très difficile à modéliser. Cela va dépendre des bascules de vent.» Le géant des Abers aura besoin de toute son expérience pour préserver cette grande victoire en solitaire après laquelle il court depuis des années. Petit miracle de la technique, hier matin, il a eu l'agréable surprise de recevoir les encouragements de Jean LeCam, son équipier de la dernière Transat ag2r. «Gildas, tu fais comme on a dit pour l'atterrissage et ça va le faire», lui a lancé Le Cam. Le pronostic de ce dernier se vérifiera-t-il? Pour l'heure, un suspense hitchcockien plane sur le dénouement de cette édition. Pointage, hier à 17 h 30 : 1. Gildas Morvan (Cercle Vert) à 278,0 milles de Marie-Galante; 2. E. Tabarly (Athema) 13,2 milles du premier; 3. F. Gabart (FRA/Espoir Région Bretagne) 34,2; 4. N. Troussel (Financo) 42,8; 5. G. Véniard (MACIF) 58,4; 6. T. Chabagny (Suzuki Automobiles) 74,8; 7. A. Tripon (Gedimat) 128,2; 8. I. Joschke (FRA-GERL/Synergie) 138,8; 9. F. Le Gal (Lenze) 140,8; 10. A. Hardy (Agir Recouvrement) 251,0; 11. J.-N. Victor (Pays Marie-Galante) 306,9; 12. Y. Livory (Cint 56) 360,1; 13. L.-M. Tannières (Nanni Diesel) 370,3. Abandon : Eric Drouglazet (Luisina).
