2 avril 2009
Brillant dès sa première saison en Figaro, François Gabart va disputer sa première transat en course, dimanche. Le jeune skipper de la Région Bretagne essaiera d'y confirmer les promesses de 2008.
16e et premier bizuth de la Solitaire du Figaro, 3e de la Cap Istanbul, la première saison de François Gabart sur le circuit Figaro avait été pleine de promesses.
Enfant de l'Atlantique
Le jeune skipper Espoir Région Bretagne est conscient qu'on l'attend au coin de la bouée cette année: «On me surveillera un peu plus mais c'est logique et à la fois valorisant. Je ne ressens pas plus de pression pour autant. Ma première année a été pleine d'espoir, il faut confirmer». Cette transat BPE, sa première en course, est un vrai challenge et un saut dans l'inconnu. Pas complètement car le jeune Charentais a déjà connu un baptême de l'Atlantique dans sa plus tendre enfance. «En 1989-90, on a traversé l'Atlantique en famille avec les parents et mes deux soeurs. J'avais sept ans. Cela n'a rien à voir avec ce qui m'attend mais je suis persuadé que ce n'est pas anecdotique. Vivre un an sur un bateau, cela laisse des traces. Et ce n'est peut-être pas un hasard si je fais ce métier aujourd'hui», confie-t-il. Le week-end prochain, toute la famille Gabart sera à Belle-Ile pour l'encourager pour cette traversée en solo. Sous le soleil bellilois, François Gabart attend le coup de canon avec sérénité et un brin d'impatience: «A 25 ans, c'est une chance de vivre cette expérience. J'ai envie de vivre l'histoire à fond. Trois semaines en mer, c'est assez long mais je ne suis pas inquiet là-dessus. À chaque fois que j'ai dû passer du temps en mer, je me sentais bien en harmonie avec le bateau. J'ai l'intuition que j'y serai bien. Je n'ai pas d'appréhension sur ce point».
Surfer sur l'envie
Au plan sportif, les objectifs de ce bizuth sont modérés: «Sportivement, je sais que ce sera difficile. Il y a moins de bateaux engagés cette année mais les meilleurs sont là. Sur la ligne, iI y a des marins de qualité qui connaissent la musique. Dans une transat en Figaro, il y a une part d'aléatoire au niveau météo. Le jeu est complètement ouvert mais il y a des erreurs à ne pas commettre. Au niveau météo, j'ai moins d'expérience que certains mais la météo, c'est une passion depuis toujours. Je vais m'appliquer». Le jeune skipper espoir Région Bretagne la joue modeste mais ses adversaires savent qu'il faudra l'avoir à l'oeil. Derrière son sourire et sa gueule d'ange, il y a une vraie détermination et un redoutable esprit de compétiteur. À Port-la-Forêt, ce garçon travailleur a soigneusement préparé ce premier rendez-vous océanique en course et il l'aborde avec enthousiasme: «L'an passé, j'ai surfé sur l'envie, le plaisir de la découverte. Je m'émerveillais. Je suis dans le même état d'esprit vis-à-vis de cette transat. J'espère que cette expérience va m'enrichir et que j'y prendrai du plaisir».
