3 avril 2009
Erwan Tabarly est l'une des valeurs sûres du circuit Figaro. Souvent sur les podiums, il rêve de frapper un grand coup cette année. Entre Belle-Ile et Marie Galante?
Depuis 2000, Erwan Tabarly est régulier aux avant-postes de la classe Figaro. L'an passé, il a d'ailleurs terminé sur le podium (3e) du championnat de France en solitaire. Cette Transat BPE sera seulement sa seconde transat en solitaire. «La première, c'était sur la Mini en 1999, c'était dans l'autre siècle (rires). Depuis, j'ai disputé cinq Transat ag2r. C'est plus confortable mais j'aime assez bien le solitaire. Cela correspond bien à mon tempérament». Discret, posé et déterminé, Erwan Tabarly aborde cette transat avec beaucoup d'envie. Après avoir connu deux années blanches sans sponsor en2006 et2007, il est revenu sur le circuit avec une motivation décuplée. Et cette année 2009, il aimerait forcer la réussite: «C'est clair, je rêve d'en gagner une belle, cette transat ou la Solitaire du Figaro. Mais je ne suis pas le seul. Et sur ce parcours sans marque à respecter, le jeu est complètement ouvert. Même ceux qui ne font pas partie des favoris sont dangereux à mon sens».
Cruciale météo
Plus que sur la vitesse pure entre des marins qui maîtrisent bien le monotype Figaro Bénéteau et dont les niveaux sont proches, la différence se fait souvent sur la stratégie. Cela s'était vérifié il y a deux ans avec Nicolas Troussel. «La difficulté en Figaro, c'est qu'on n'a pas une vision de la météo sur trois semaines et que le bateau n'est pas assez rapide pour jouer avec les systèmes. Une option peut nous emmener au nord ou au sud et il faut espérer être bien placé pour le final de la dernière semaine. Il faut aussi être dans le bon wagon d'entrée de jeu. Il n'y a rien de plus frustrant que de subir dès le début et ensuite de tenter des choses qui ne marchent pas. Faire le bon choix au bon moment, c'est toute la difficulté et le charme de cette transat».
Prendre du recul
A Belle-Ile où il est arrivé dans la soirée de mercredi, la pression monte doucement. Hier, comme les autres concurrents, Erwan Tabarly a accueilli à bord de son Figaro Athema des enfants des écoles de l'île. Une parenthèse pleine de fraîcheur dans le compte à rebours final. Entre la consultation des fichiers météo, les derniers détails sur son Figaro fin prêt et quelques obligations médiatiques, le skipper d'Athema prend un peu de recul. Cela a été aussi sa ligne de conduite cet hiver. «Dans cette série, c'est important de s'entraîner afin de ne pas perdre la main. Répéter des manoeuvres, tester des voiles, c'est utile, notamment dans la perspective de la Solitaire du Figaro. Pour une transat, l'approche est différente. Il faut arriver avec du tonus et l'envie d'attaquer trois semaines de mer à fond. Cet hiver j'ai aussi essayé de me ressourcer». Dix ans après sa première transat en solitaire, à 35 ans (qu'il aura fin mai), Erwan Tabarly a faim de milles et de victoire.
