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Transat BPE. Entre émotion et concentration

6 avril 2009 à 19h01

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Une transat sur Figaro Bénéteau, ce n'est pas un tour du monde sur 60 pieds. Néanmoins, passer 20-25 jours seul en mer n'est pas une sinécure. Hier matin, au moment des «au revoir», il y avait un peu d'émotion sur les pontons bellilois. Et beaucoup de concentration.

- «Hé, papa, je t'aime. Tu le sais, hein papa, que je t'aime?» Hugo (6 ans) serre fort son père dans ses bras. Puis, c'est au tour de Pauline (9 ans), sa soeur, d'en faire autant. Chez les Drouglazet, les traditionnels adieux sont toujours difficiles, parfois déchirants. Même Rinette, la femme d'Eric, ne s'y fait pas. Et pourtant, cela fait 14 ans que ça dure. - «Oui je sais, mais je n'y arrive pas! J'essaie de ne pas trop y penser mais comme je vis sa passion à fond, c'est dur». Avant Drouglazet, d'autres skippers avaient quitté le ponton-légo du Palais. Le premier d'entre-eux fut Victor Jean Noël, salué au passage des écluses par des djembés. Soleil+musique créole: le Guadeloupéen n'était pas le moins du monde dépaysé.

«Pas les moments les plus agréables»

Ambiance radicalement différente quelques mètres plus loin. A bord de «Financo», Nicolas Troussel, le tenant du titre, est seul. Déjà dans sa course, très concentré. Ses proches ont fait le déplacement mais ils se tiennent volontairement à distance. Yann, son préparateur, n'a plus rien à faire. Le bateau est nickel. Il ne lui reste plus qu'à larguer les amarres. «Oui, je préfère entrer dans ma course plus tôt. Donc, j'ai dit au revoir à Hélène et Anouk (ndlr: son épouse et sa fille) deux heures avant le départ car c'est un peu compliqué sur le ponton. Les au revoir, ce ne sont pas les moments les plus agréables». Chez les Troussel, on préfère la discrétion. Une heure avant le passage des écluses, Anne, la soeur de Nicolas, était passée discrètement cacher des oeufs de Pâques dans le bateau.

«Hâte d'être seule au large»

Trois bateaux plus loin, Salomé (2 ans et demi) pleure. La veille encore, la fille de Franck Le Gal collait des gommettes à l'intérieur du Figaro bleu et blanc «Lenze». Mais aujourd'hui, papa s'en va pour trois semaines et visiblement, elle n'apprécie guère. Seule femme engagée, Isabelle Joschke est très entourée. Une équipe de télévision recueille ses dernières impressions. «J'ai hâte d'être seule au large», lâche-t-elle. Adrien Hardy, plus jeune concurrent, vient lui glisser quelques mots d'encouragement. Entre anciens minïstes, on se comprend. Il est 14h. Tous les Figaro ont quitté le port du Palais. Belle-Ile retrouve sa quiétude.

  • P. E.
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«J'essaie de ne pas trop y penser mais je vis sa passion à fond, c'est dur». Rinette, femme d'Eric Drouglazet.

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