14 avril 2009
La persistance de l'alizé de secteur nord-est, très variable et instable, oblige les concurrents de la Transat BPE à de fréquents empannages sur une route assez similaire. Mais une panne de vent se profile à l'horizon...
«Actuellement, les solitaires ont un vent qui est bon en direction mais qui n'est pas de l'Alizé puissant. Il est toujours sous le 25e nord, donc positionné relativement sud. Ce n'est pas ce que les figaristes ont connu sur les précédentes transatlantiques. Mais ce qui est sûr compte tenu de l'évolution à venir, c'est que non seulement ça n'est pas terminé, mais en plus ça risque d'être plus long que prévu!», explique Jean Maurel, le directeur de course de cette cinquième Transat BPE. En effet, l'autoroute du sud, qui semblait encore ouverte ces derniers jours, s'avère infiniment plus complexe que prévue. Les navigateurs de la Transat BPE semblent partagés entre l'envie de miser sur l'option qu'ils ont choisie et le doute qui s'insinue petit à petit dans les esprits. De Gérald Véniard (Macif), toujours leader sur une route intermédiaire, aux plus extrêmes, chacun cherche à se rassurer tout en ayant l'oeil aux aguets sur la progression de leurs adversaires.
«Le jeu reste ouvert»
Aujourd'hui, plus de 200 milles -contre 100 hier - séparent, en latéral, le concurrent le plus au nord, Adrien Hardy, et le concurrent le plus au sud, Erwan Tabarly. Si la route empruntée par le skipper d'Agir Recouvrement est théoriquement la plus courte, la route du sud empruntée par le skipper d'Athema, mais aussi par Gildas Morvan (Cercle Vert) ou encore par François Gabart (Espoir Région Bretagne), permet de contourner prudemment l'anticyclone des Açores. Même si elle rallonge le trajet. «Ce qui est sûr, c'est que le jeu reste ouvert. Et c'est une situation qui permet d'attaquer», s'amusait Isabelle Joschke (Synergie), hier lors de la vacation. De fait, on peut déjà parier sur une arrivée à couteaux tirés entre des navigateurs qui convergeraient de différents points du plan d'eau vers leur but ultime. Armel Tripon, sur Gedimat, ne dit pas autre chose quand il parle d'un rythme et d'une tension proches de la Solitaire du Figaro.
Des heures à guetter les bascules de vent
Gérald Véniard (Macif) ou bien encore Erwan Tabarly (Athema) ne sont pas très loin de cette vérité quand ils reconnaissent passer des heures, dans la nuit noire, à guetter les bascules de vent, à trouver le bon équilibre entre le sommeil nécessaire et les heures qu'il faut consacrer à trouver la meilleure carburation possible. A ce petit jeu, l'intuition, l'expérience et l'envie restent les meilleurs ressorts. Tous le disent: il risque d'y avoir du jeu et quelques retournements de situation avec l'arrivée de la molle dans les prochaines heures. Rien n'est fait et l'incertitude l'emporte.
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