6 avril 2009 à 19h06
Sur le circuit Figaro, Thierry Chabagny (37 ans) fait presque figure d'ancien. Normal : il en est à sa neuvième saison en Figaro. Pour sa première transat en solitaire, le Sud-Finistérien a affiché ses ambitions d'entrée.
Sur son CV nautique 2008, on trouve une neuvième place sur la Transat ag2r (avec Corentin Douguet), une place de dixième sur la Solitaire du Figaro et une quatrième place à la Cap Istanbul, dont une victoire d'étape en Turquie sous les couleurs de «Suzuki», partenaire avec lequel il entame sa deuxième saison. Si on remonte un peu plus loin dans le temps, on note aussi une magnifique deuxième place sur la Solitaire du Figaro 2006, une autre place de dauphin sur la Transat Jacques Vabre 2007 (en 40 pieds avec Dominic Vittet), une victoire sur la Cap Istanbul 2007 (en double avec Nicolas Bérenger) et un succès sur le Tour de Bretagne 2005 aux côtés de Gildas Mahé. C'est clair, le marin a roulé sa bosse.
Un rythme à trouver
Paradoxalement, hier à Belle-Ile, il a pris le départ de sa première transat en solitaire. En 2001, il était bien sur la ligne mais, à l'époque, la course se disputait en double. «C'est clair que sur cette transat-là, il y a un côté aventure et découverte pour moi qui n'ai jamais passé plus de cinq jours en mer seul». Sa première difficulté sera donc de trouver rapidement le bon rythme. «Surtout ne pas se mettre dans le rouge comme on peut le faire sur la Solitaire du Figaro où on puise dans les réserves en arrivant complètement cramé. Là, il faudra que je sois lucide pour faire de bons choix météos». Car le régatier de Névez entend jouer les premiers rôles. «Je vise un podium. Maintenant, la transat idéale, c'est celle où tu termines devant tout le monde...»
«Tout le monde peut gagner»
Pas manchot en tactique, Chabagny a voulu compléter son savoir auprès des maîtres es-météo que sont Bernot et Nélias. «Je me suis aussi fait aider par Dominic Vittet car il connaît bien le Figaro ainsi que le parcours et ses pièges». Le parcours est libre, donc très ouvert. Conséquence, les candidats à la victoire sont légion. «Quasiment tout le monde peut gagner. On l'a vu sur la dernière Transat ag2r où ceux qui étaient devant une bonne partie de la course n'ont pas été récompensés à l'arrivée».
Se souvenir d'Istanbul
Sur l'eau, Chab' fait partie des meneurs. Pas des suiveurs et encore moins des Bretons de panurge. L'homme a le potentiel pour s'imposer. A condition de ne pas douter. Christian Le Pape, directeur du centre d'entraînement de Port-la-Forêt, confirme : «Thierry a plus souvent peur de perdre plutôt que l'envie de gagner». Parfois, il suffit d'un déclic, d'une course ou d'une étape de référence. En octobre 2008, en s'imposant sur le Bosphore lors de la dernière étape de la Cap Istanbul, le skipper de «Suzuki» avait eu le sentiment d'être intouchable. «Comme un état de grâce où tu te dis que rien ne peut t'arriver. Dès que je sentais un coup à jouer, j'y allais et ça marchait», disait-il. Hier, ça marchait plutôt bien à bord de son «Suzuki», très à l'aise dans les brises évanescentes.
