Comment se passe la tournée avec « Amor Doloroso »?C’est vraiment passionnant. Depuis le début, toute cette
aventure est placée sous le signe de l'amitié et d'une vraie
collaboration artistique. Sur scène, on ne joue pas la réplique
exacte de l'album mais on en reprend quand même les onze
titres,
ce qui n'était pas le cas pour les autres. Je les mixe avec d'anciennes chansons qui parlent aussi d’amour comme « Tête en l'air », « Champagne », « La fille au coeur d'acier » ou « Denise » et puis d’autres que je n'ai jamais chantées. Je considère cet album comme le premier d'une nouvelle étape. Ça marche très bien, je vais être disque de platine. C'est vraiment bien barré quoi ! Et tout le monde l'aime. On est
tous heureux et fiers.
Rodolphe Burger est un habitué de la Bretagne. Sera-t-il présent au festival Panoramas?
Oui, il m’a dit que Morlaix était son fief et comme il sera par là,
il viendra jouer deux ou trois morceaux avec moi.
Comment vous êtes-vous rencontrés?
En fait, c'est un mélange de hasard et d'envie. J'étais dans ma voiture et j’ai entendu un chanteur dont j'ai trouvé le timbre de voix magnifique. Je me suis mis à chantonner avec lui
et je l'ai enregistré avec un appareil de poche pour m'en
souvenir. Ensuite, j'ai cherché à le joindre, on s’est rencontré et on a tout de suite sympathisé. Il est fascinant. Quand il m'a
invité à participer au Festival de Sainte-Marie-aux-Mines en
Alsace, il m'a montré le studio qu’il a installé dans la maison
de son grand-père. Je suis tombé amoureux du lieu et c’est là
qu’on a enregistré « Amor Doloroso ».
Plantez-nous le décor...
C'est comme un grand grenier avec des plafonds très hauts, des poutres, plein d'armoires et plein d'instruments de musique
partout. Il n'y avait pas de séparation entre la console et la
grande table de cuisine de l'autre côté de la pièce. Rien à
voir avec un vrai studio. C'était vraiment très convivial, en dehors du temps, loin de tout. Avec une cuisine à l’intérieur en
plus ! De quoi boire, manger... La vie quoi ! C'était l'endroit
dont je rêvais, je savais que j'allais m'y sentir bien. C'est vraiment un lieu fait par un artiste pour les artistes.
Qu'est-ce que ça vous fait d'être à l'affiche d'un festival
de musiques actuelles avec Joey Starr, Public Enemy et des jeunes talents ?
Je n'arrive pas à me sentir très vieux en fait (rires) ! Pour moi,
la musique, ce n'est pas une question de génération. Il y a des jeunes artistes que je n'apprécie pas forcément mais c'est plus une histoire de goût. Certaines choses me parlent moins. Mais il y en a d'autres avec qui je m'entends bien.
Desquels vous sentez-vous le plus proche?
Je viens d'enregistrer un Taratata qui passera en avril où je
chante « Bonnie & Clyde » en duo avec Mademoiselle K. J’ai
aussi été séduit par les albums de Camille, Jeanne Cherhal...Et bien sûr, il y a mon fils Arthur H. C'est quelqu’un de très important pour moi et pas seulement en tant que fils. Je suis vraiment passionné par son travail et son oeuvre. Son dernier album « Adieu tristesse » est magnifique.
Votre fille Izia chante également, elle joue d’ailleurs à Morlaix dimanche. Quel regard portez-vous sur ce qu’elle fait ?
Je suis assez cloué ! Elle est amoureuse de la musique depuis très longtemps. Elle est toujours en train de chanter, de composer, de jouer, d'écrire. Elle a appris en écoutant beaucoup à la maison ou le matin en voiture quand je l'emmenais à l'école. A chaque fois que je pouvais être avec elle, hors tournée, notre grand bonheur c'était de prendre la voiture et de mettre des disques qu'elle aimait et d'autres que je lui faisais entendre. On s'est éduqué tous les deux.
Justement, à la sortie de votre dernier opus, certains ont parlé d'une « fougue adolescente retrouvée ». Le fait d'avoir une fille ado a-t-il eu une influence sur votre évolution musicale ?
Sûrement et c'est normal. Elle me fait découvrir toutes les nouveautés, souvent américaines et anglo-saxonnes d'ailleurs, à commencer par Muse. C'est elle qui m'a fait écouter Mademoiselle K. Mais elle adore aussi Piaf et Jeanne Moreau. De mon ôté, je lui ai fait écouter mes grands frères ou soeurs comme Barbara. Aujourd’hui, il paraît que c’est moi l’aîné de certains. Cali, Bénabar et Christophe Mali m'ont dit qu'ils m'avaient beaucoup écouté, que je les avais aidés et que je leur avais donné envie de chanter. J'ai appris ça par hasard, je ne le savais pas.
Vraiment? Vous n’avez pas conscience d'avoir nourri toute une génération de chanteurs?
C'est sans doute parce que j'ai toujours fait ça avec passion.
Même en scène, j'ai toujours eu l'impression de débuter (rires).
D'avoir tout à apprendre, de ne pas vivre sur un acquis mais de
créer toujours. La création c'est quelque chose qui vous tient en éveil. Pour moi, la musique, c'est une éternelle jeunesse.
Qu’est-ce que la Bretagne représente pour vous?
Sur l'album « Alertez les bébés », j'ai joué avec le batteur
Michel Santangeli qui habite près de Brest et Jacky Thomas
(ndlr : bassiste et chanteur des Goristes). C'était à l’époque
où ils accompagnaient Alan Stivell. J'ai joué aussi avec Dan Ar
Braz. En plus, j'ai de très bons amis dans la région, notamment
près de Quimperlé, et j'y suis venu souvent. J’aime bien les Bretons. D'ailleurs mon père me disait que les Bretons et les
Alsaciens étaient faits pour s’entendre. C'est presque un autre
pays pour moi. J'adore !