Pourquoi les Andes ?J’aime bien accompagner l’album d’images et de souvenirs.
J’aime aussi l’idée de partage et de communion. Je suis parti en équipe, avec tous les auteurs de l’album (Gildas Arzel, J. Kapler, Cyril Tarquiny, Jacques Veneruso, Eric Benzi, Fred Blondin, Christophe Battaglia) et les techniciens.
On était une vingtaine pour un voyage de 10 jours. C’était l’aventure, la découverture d’autres lieux. Cela permet de se retrouver à travers la musique. On écoute de la musique, on boit du vin, on tourne un clip.
C’était vous le chef de l’équipe ?
Quand j’ai confiance en mon équipe, j’aime être dirigé. J’aime parfois me laisser porter, cela me permet de progresser. Je travaille avec différents auteurs qui ont chacun leur façon de travailler. Cela me permet d’évoluer. Est-ce que vous vous impliquez dans les textes ? J’aime donner un message d’espoir, surtout aux enfants cabossés à travers le monde. Je voudrais leur laisser un souffle, leur donner un espoir. Avant j’écrivais les textes de mes chansons, mais depuis que je n’écris plus, cela marche ! En fait, je me sens beaucoup plus à l’aise quand je n’écris pas. C’était beaucoup plus douloureux, écrire cela voulait dire m’isoler pendant deux mois. J’étais d’humeur impossible parce que je n’y arrivais pas. Aujourd’hui, je n’ai pas envie de sacrifier du temps au dépens de ma femme et mes enfants.
Est-ce que vous avez l’impression de progresser ?
J’essaie, mais je ne sais pas si j’y arrive… Je donne tout ce
que j’ai. J’ai déjà fait un millier de concerts, je pense que je progresse. Techniquement, certainement, au niveau de la confiance aussi. Aujourd’hui, je me donne la possibilité
d’hésiter, de passer en douceur. Avant, il fallait que je
passe en force.
Etes-vous anxieux pour la sortie de votre album ?
Oui, un peu. Pas plus que ça, mais oui. Je suis pressé d’avoir
un retour. J’aime la tournée, la scène. Le studio, c’est trop individuel. J’aime la notion d’équipe. Cela dit, parfois je saoule
les techniciens…
Est-ce que après le tennis, puis la chanson, il y aura place pour autre chose ?
Toute mon enfance, la chanson a eu de l’importance. Puis il y a
eu le tennis. En fin de carrière, j’avais envie de faire quelque
chose qui me passionne. J’ai toujours fantasmé sur les chanteurs. J’étais fan de Bob Marley. Mais c’est en voyant Téléphone et Jean-Louis Aubert que je me suis dit que c’était possible. Sa fragilité m’a plu. Elle m’a donné envie, et fait croire
que c’était possible. Ce sont Hervé Cristiani et Freddy Hausser,
qui m’ont vraiment poussé. On allait au Bus Palladium, on
avait des copains en commun. Mais parfois je pense qu’il faudra
voir autre chose. Ce serait bien de faire un petit break. J’ai
des projets cinématographiques. Je suis habitué aux caméras.
L’image que vous projetez est-elle importante pour vous ?
C’est important de tirer vers le haut mes chansons. Je veux être festif, joyeux. Je ne veux pas chanter la misère. Je herche
à avancer, à suivre mon instinct pour naviguer au mieux dans ce monde. C’est l’action qui donne un sens à sa vie.
Un de vos morceaux s’intitule : « Aux arbres citoyens »... Est-ce un engagement politique ?
En ce moment, je rencontre des personnes engagées dans l’environnement, la protection de la planète. Je suis sensible à ce discours-là. Mais ce n’est pas un engagement politique. Je ne fais pas de plan média. Vous avez annoncé « Si Sarkozy passe, je me casse »… Après, il a voulu me voir, je n’ai pas voulu… Les politiques me bassinent beaucoup.
Et Yannick Noah, parrain de la Star Ac… Vous êtes fier ?
Chaque fois que j’y suis allé, cela s’est bien passé. On peut
chanter en live, on a le temps de répéter… Je n’ai pas hésité.
Les gamins sont passionnés. A l’école, je suis devenu un dieu
vivant…
être le personnage préféré des Français ?
La première fois que je l’ai appris : champagne ! Mon père était ravi : « Tu imagines ! » (dit-il en prenant l’accent africain). Et puis après ça dégringole très vite… N’empêche que hier soir à 3 h du mat’, en me mettant au lit bourré, je me suis posé des
questions… En fait je pense être aimé par les familles etières : les parents grâce au tennis, et leurs enfants avec la musique.
Je ne me plains pas de ma vie. Je n’ai pas beaucoup de problèmes. J’ai une famille en bonne santé.
est-ce que vous apportez à vos enfants ?
J’aimerais leur apporter de l’amour et de la présence. J’essaie
d’être là et de les pousser dans leur passion.
Quelle est votre chanson préférée dans votre nouvel album ?
Ça évolue selon la réaction des autres. Aujourd’hui, c’est « Donne-moi une vie » et « Dans et sur mes bras » *. Cette chanson est dédiée à mes cinq enfants.
* Sur son bras droit, on peut lire en lettres gothiques le prénom
de son dernier fils qui dépasse du tee-shirt.