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Jean-Louis Aubert. Le rock pour religion

Depuis 20 ans et la fin de Téléphone, Jean-Louis Aubert trace sa route en solitaire. A 51 ans, il continue de tricoter des chansons tour à tour sereines ou tourmentées. Rencontre avec l'artiste avant son concert samedi à Bobital. En toute simplicité...

Comment vous sentez-vous au moment d'aborder les festivals d'été ?
Très bien. J'ai un groupe que j'adore, c'est les beaux jours et tout va bien.

Quel sera votre répertoire ?
Je ne le connais pas encore parce que je ne sais pas combien de temps on jouera mais en tout cas, il y aura toutes les périodes, ça c'est sûr.
A Bobital, vous jouez samedi avant Chuck Berry, Little Richard et Jerry Lee Lewis. Que représente pour vous ce trio ? Ce sont mes grands-parents (rires) ! Grâce aux Rolling Stones et aux Beatles, j'ai découvert assez jeune Chuck Berry, et puis Jerry Lee Lewis un peu par l'intermédiaire de Jimi Hendrix. Je les respecte énormément. Celui que je connais le mieux, c'est Chuck Berry. En tout cas, je les ai vus en concert tous les trois. Que vous inspire le fait qu'ils continuent à tourner encore aujourd'hui alors que ce sont vos idoles de jeunesse ? Je pense qu'en connaissant son art, on arrive à avoir une musique de jeunesse tout en étant très vieux et très grand. Et ça, c'est toujours un miracle ! Samedi également, Trust, groupe mythique des années 80 à l'instar de Téléphone, sera à Bobital. Que vous pensez-vous de cette reformation ? Je serai content de revoir Bernie et son guitariste Nono. Ce sont des vieux copains. Je sais que c'est une reformation d'un jour, pour un concert. J'espère seulement qu'ils le font avec énormément d'envie et de plaisir parce que c'est comme ça qu'il faut faire les choses, surtout quand il y a un « re » devant formation. Vous sentez-vous toujours rockeur dans l'âme ? Je ne me suis jamais appelé rockeur. Pour moi, le rock, c'était plutôt une religion. C'était la religion de faire ce qu'on avait envie de faire et de le faire avec passion. C'était plus ça que la définition d'une musique. Vous employez l'imparfait, cela veut-il dire que le rock, ce n'est plus ça ? Si, c'est toujours la définition du rock, parce que justement c'est sans cesse en évolution, et même en « r »évolution. Chanteur idéaliste, trouvez-vous que cela vous définit bien ? Par opposition à chanteur réaliste, oui. J'aime bien les chansons qui parlent un peu de nos espérances, parce que la réalité me suffit amplement sinon. Lorsque votre dernier album « Idéal standard » est sorti, vous avez déclaré : « Je commence à me faire à moi, finalement... ». Qu'est-ce que cela signifie ? Ça signifie qu'on peut faire plusieurs fois le tour du monde mais que la vie nous apprend à nous retrouver face à nous-même. Et c'est aussi un beau voyage de bien se connaître soi. Est-ce l'âge qui vous fait dire ça ? Ben oui, ça m'a laissé un peu de temps pour y réfléchir (rires). Quelle est votre définition d'une bonne chanson ? Je dirais qu'une bonne chanson a quelque chose en elle d'universel : elle peut toucher tout le monde, un peu à n'importe quel moment. Et curieusement, on dirait que pour les humains, ce qui est le plus universel est en fait le plus intime. Il faut que ce soit quelque chose qui vienne du plus profond de l'artiste et qui aille au plus profond de l'auditeur, je crois. Avez-vous lu le livre de Carlos Sancho « Téléphone, ligne perso » ? Je ne l'ai ni lu, ni rencontré. En avez-vous assez d'entendre parler de Téléphone ? Pas forcément, mais comme je dis, la réalité me suffit. Le reste, ce sont des choses qu'on raconte. Ce n'est pas aussi fin que ce qui est vécu réellement. Même moi, ça m'est très difficile de tout raconter en détail. Etes-vous nostalgique ? Pas du tout. Je n'ai pas trop tendance à la nostalgie en général. Pour marquer les 30 ans de la naissance de Téléphone, une reformation (même si vous n'aimez pas les « re ») est-elle envisagée ? Les « re » c'est bien, mais il faut qu'il y ait quelque chose de vivant dedans. De vivant comme envie, comme réel, comme amour, comme facile. C'est tellement simple de dire qu'on va faire les choses. Mais quand ça commence à être compliqué comme un jeu de mikado, c'est autre chose. Donc la reformation, non, on n'en parle pas. De toute façon, on n'a jamais été trop anniversaire...

Gwénaëlle Fleur


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