Un concert de Nolwenn Korbell est la promesse d’un échange fort et chaleureux avec le public, que celui-ci soit ou non bretonnant. Si la chanteuse présente ses morceaux en breton, elle en explique le sens ou traduit ses textes en français, nappant son propos d’un humour imparable. Tout le monde peut alors mesurer l’intense force poétique de ses chansons. Le groupe de musiciens fidèles qui accompagne Nolwenn Korbell depuis quatre ans habille ses mots d’arrangements très originaux et subtils.
Doublage en bretonPiano, percus, guitare-sitar, basse et marimba (vibraphone) s’accordent à la voix limpide et ample de l’artiste. Sa capacité à rayonner dans tous les registres - folk, pop, blues, jazz, cabaret... - touche et envoûte, d’autant plus que la belle aux cheveux d’or n’économise pas son énergie en scène. Son plaisir à jouer avec les spectateurs tient aussi à ses talents de comédienne, les premiers qu’elle ait cherché à développer.
Adolescente à Douarnenez, elle suivait déjà des cours de théâtre à la MJC. Alors qu’elle y jouait des sketches lors d’une épique et locale « Nuit des Raouls », Youenn Gwernig a repéré les dons de la jeune fille de seize ans. L’écrivain-chanteur était alors le directeur des émissions en langue bretonne de France 3. Il a confié à Nolwenn le doublage en breton de séries télévisuelles. Le breton est la langue naturelle de la chanteuse : « J’ai appris le français à l’école, comme les vieux », rit-elle.
Au Pays de GallesPour la musique, pas besoin d’initiation. Elle y baigne depuis toujours. L’artiste est en effet la fille de la chanteuse de gwerz Andrea Ar Gouil et d’un mélomane, Hervé Corbel, qui fut sonneur au Bagad de Bourbriac.
Devenue étudiante en langues à Rennes (allemand, breton, gallois), Nolwenn Korbell finit par tenter le concours du Conservatoire d’Art Dramatique. Elle le réussit et passe trois ans dans cette école de formation professionnelle. Elle suit alors également des cours de chant lyrique, intégrant en tant que soprano le groupe Arsis Théâtre Vocal, au répertoire ancien et orthodoxe.
C’est dans un tout autre registre qu’on la retrouve au peu plus tard outre-Manche au sein du groupe Bob Delyn a'r Ebillion. La formation de son compagnon, Twm Morys s’appelle ainsi. Elle l’a suivi au Pays de Galles au terme de ses études de comédienne. Pendant quelques années, elle se partage entre les deux pays et joue dans des feuilletons et téléfilms en langue galloise.
Lauréate du Kan Ar BoblRevenue en Bretagne, Nolwenn Korbell relève en 1994 un challenge lancé par la fédération Sked à Brest : écrire une chanson en breton. Elle y prend goût, continue, finit par se présenter au Kan Ar Bobl. Et en 1997, elle est la lauréate du grand prix du prestigieux concours !
Il ne manque plus qu’un disque. Produit par Coop Breizh, « N’eo ket echu », son premier album de chansons originales, sort en 2003. Il surprend, séduit et vaut bientôt à son auteur-compositeur-interprète diverses consacrétions, dont le Grand Prix du Disque Produit en Bretagne.
Les concerts s’enchaînent, qui vont rapidement mener Nolwenn Korbell sur les scènes des principaux festivals en Bretagne et même à Paris-Bercy, sur le plateau de la Nuit Celtique.
L’Olympia en novembreElle donne actuellement une trentaine de concerts par an, en duo avec le guitariste Soïg Sibéril ou au sein de son groupe. La qualité de son nouvel album, « Bemdez c'houlou », devrait faire encore affluer les demandes.
De belles dates s'annoncent déjà, de « Celtica » le 17 juin à Nantes à l'Olympia le 12 novembre prochain à Paris, où Nolwenn Korbell partagera alors la scène avec Gilles Servat.
Nolwenn Korbell habite à Pont-l’Abbé où elle nous a récemment accordé un entretien.