Le groupe Louise Attaque s’est arrêté en 2001 et a repris la route cette année. Pourquoi ?
Lorsqu’on a arrêté de jouer ensemble, il n’y avait rien de cassé, ça correspondait juste à l’envie de faire une pause. C’est d’ailleurs bien comme ça qu’on a défini les choses. Le fait est qu’on n’arrivait plus alors à faire de la musique ensemble. A partir du moment où on se sentait un peu à l’étroit, un peu épuisé aussi parce que ça faisait longtemps qu’on était ensemble sur la route avec une promiscuité très forte, nous avons ressenti le besoin de souffler, de prendre l’air.
Pourquoi avoir pris l’air deux par deux, le violoniste Arnaud Samuel et vous-même au sein de Tarmac et les bassiste et batteur Robin Feix et Alex Magraff dans Ali Dragon ?
Ce n’était pas prévu au départ. Notre besoin d’air aurait pu prendre différentes formes, il s’est finalement avéré que cela a pris celle de deux tandems qui sont allés s’amuser chacun de leur côté.
Comment se sont organisées les retrouvailles de Louise Attaque ?
Il était inclus dans notre idée de pause le fait qu’un jour on réessaierait de jouer ensemble. On a saisi un moment où on en avait envie tous les quatre. La question était de savoir si on avait encore des choses à se proposer mutuellement. On a ressenti que oui en retrouvant cette impression que Louise Attaque, c’est quelque chose qui va au-delà de la simple somme des quatre personnes qui composent le groupe.
Vous avez présenté vos nouvelles compositions au printemps en Russie, Inde et Amérique du Sud. A quelle envie correspondait cette tournée ?
A celle de repartir à zéro, ou plutôt de recommencer par le début, comme le dit Robin. On a repris l’histoire dans des conditions techniques parfois aléatoires, face à des gens qui connaissaient peu ou pas du tout ce qu’on fait. La tournée nous a proposé une mise en situation concrète. Sans compter le côté exotique des voyages. C’est presqu’un fantasme de groupe de pouvoir aller ensemble à droite à gauche, de jouer les globe-trotters. De plus, la musique permet de ne pas voyager en « touriste » puisque tu apportes quelque chose dans tes bagages. Le contact que tu as alors avec le pays et les autochtones est différent : tu reçois des choses mais tu viens en proposer toi aussi, c’est un échange riche.
Dans votre nouvel album, la palette des couleurs musicales est variée avec des touches orientales, asiatiques, rock, électro... Font-elles écho à votre tournée ?
Ces couleurs musicales sont plutôt le fruit de notre volonté de vivre la musique et d’en jouer avec la liberté la plus grande possible. Elles viennent plus de nos discothèques ou de nos voyages perso que de ce qu’on a vécu lors de la tournée de printemps. Parce que la plupart des chansons avaient déjà été enregistrées à ce moment-là, sauf « See you later alligator ». On l’a enregistrée à New York où nous avions fait un crochet de quelques jours après trois semaines en Amérique latine, dont le dernier pays était le Brésil. Mais si on n’a pas ramené d’influences musicales immédiates de la tournée, rien ne dit qu’elles ne ressortiront pas plus tard ! Par exemple, on a écouté des tablas en Inde. Si demain on veut en utiliser dans un de nos morceaux, ils auront une résonance forcément différente que si on n’était pas allé dans ce pays.
Le titre de votre nouvel album, « A plus tard crocodile », est la traduction d’une expression enfantine ainsi que d’un morceau de Bill Haley, « See you later alligator ». Vouliez-vous rendre hommage au rockeur ?
Non, même si on aime bien son morceau avec les Comets. Notre album part un peu dans tous les sens. On a voulu élargir notre terrain de jeu et on y est parvenu sans trop de mal. Par contre, on ne réussissait pas à mettre un mot, une formule qui engloberait tout ça. Après plusieurs brain-stormings peu concluants, onn en est arrivé à adopter cette expression qui planait déjà dans le studio new-yorkais. « A plus tard crocodile » nous a plu pour son côté décalé, un peu enfantin, « surréaliste », hors du temps...
Vous posez beaucoup de questions dans vos chansons, celle qui revient le plus souvent étant « Est-ce que tu m’aimes encore ». Si elle s’adresse au public, la réponse est évidente puisque l’album est déjà double disque d’or. Etes-vous surpris d’un tel accueil ?
Tant qu’on n’avait pas fini, on ne se posait pas de question sur l’oreille ou le regard que les gens allaient poser sur nos morceaux. La meilleure manière d’être honnête en musique, et dans l’art en général, n’est pas de spéculer, de faire les choses en fonction des gens, mais d’essayer de créer pour toi avant d’aller le proposer. La musique, on la fait d’abord pour nous. Bien sûr, une fois que c’est terminé, tu as envie de savoir comment cela va être perçu, si les gens auront envie de venir te voir au concert. Evidemment, on est ravi que les gens accueillent le disque à bras ouverts. Parce que ce que nous voulons, c’est proposer de la musique la plus large possible, pas forcément une musique de genre. Nous ne sommes pas un groupe de genre : ça ne nous intéresse pas de taper tout le temps sur le même clou ou sur la même idée.
Née en 1993 du côté d'Orléans...
Superbe biographie du groupe sur le site de Rafio France Internationale (RFI), citée dans les repères...En voici un extrait ...
Groupe de rock français originaire du Loiret, Louise Attaque c'est d'abord l'histoire d'une amitié entre quatre garçons adns le vent : Gaëtan, Robin, Alex et Arno.
Pendant quatre années de tournées dans les bars et salles des fêtes, le groupe trouve enfin son identité musicale et sa maturité avec l'arrivée du violon dans ses notes. Remarqué par la maison de disque Delabel, ils signent leur premier album 'Louise Attaque' en 1997.
Leur influence folklorique caractérisée par la voix plaintive du chanteur et l'usage étonnant du violon, chamboule le rock français. Sans aucune promotion, c'est sur scène qu'ils marquent leur territoire et se font connaître par le bouche à oreille. Leur performance enthousiasme le public. Rapidement, après avoir donné plus de 300 concerts, leur album devient double platine. Leur disque suivant 'Comme on a dit' connaît le même destin. Depuis, le chanteur et le violoniste ont formé de leur côté le groupe Tarmac aux mêmes sonorités si distinctives.