Vous tournez beaucoup en Bretagne ?Pas tellement. Le problème c'est qu'il y a peu de dates potentielles en Bretagne. Je ne demande pas mieux que d'y jouer. J'habite à Saint-Brieuc et cela fait vingt ans que je ne me suis pas produit là-bas.
Qu'est ce que cela vous fait de participer au Festival Arts des Villes,
Arts des Champs à Malguénac ?
Je ne le connais pas, je n'y suis jamais venu mais je suis très content de jouer en Bretagne (rires).
Et au niveau de l'affiche ?
Je connais bien Archie Shepp avec qui je joue en quartet depuis 1996 et Médéric Collignon.
Avec quelle formation viendrez-vous ?
En quartet, nous interpréterons les morceaux de l'album « Le Lann-Top » sorti en mai dernier. Pour monter ce projet, je suis allé chercher le bassiste Jannick Top, qui a commencé au sein du groupe Magma de Christian Vander, et qui a également réalisé les albums de Michel Berger et France Gall. C'est le mélange de deux univers : le jazz pour ma part et le rock de son côté.
Comment avez-vous rencontré Archie Schepp ?
En 1996, Eglal Farhi, la patronne du New Morning (salle de concert parisienne, NDLR) avait souhaité imposer un invité dans la programmation. Ce fut moi, pendant dix jours. Au début, c'était très froid parce qu'on ne se connaissait pas. Puis, dès le premier soir on a sympathisé. Depuis dix ans, on joue ensemble.
Comment vous définiriez-vous l'un par rapport à l'autre ?
Chaque projet musical est différent. Actuellement, je travaille sur de l'électro-jazz. Lorsque je jouais avec lui, c'était plutôt du blues et de la musique noire américaine. Je ne peux donc pas me définir par rapport à lui.
Qui sont vos références en matière de jazz ?
En tant que trompettiste, je dirais Louis Armstrong, Clifford Brown et en tant que musicien, celui que j'admire le plus, Martial Solal.
Vous avez joué avec les plus grands noms du jazz comme Chet Baker. Quel enrichissement en tirez-vous ?
C'est un tout. Comme je dis toujours, je suis né trente ans après eux. C'est donc normal qu'ils m'aient influencé. Il faut se tenir au courant de tout ce qui s'est passé avant nous, se l'approprier, synthétiser et en sortir quelque chose de personnel.
Quel est votre secret pour mêler le jazz à des genres comme le rock, la musique trad' ou la bossa-nova ?
Ca part toujours d'une envie de faire des choses nouvelles et d'en créer à partir de musiques existantes. C'est surtout les rencontres humaines qui font avancer en musique. Par exemple, j'ai été chercher un guitariste béninois, Lionel Louéké, qui amène sa touche de musique africaine à l'album « Le Lann-Top ».
Quel souvenir gardez-vous de votre collaboration avec Henri Salvador sur l'album « Chambre avec vue » ?
J'avais joué avec lui en 1980 où nous avions fait 60 dates. C'était sympa d'aller à Paris. Puis en 2000, il m'appelle juste pour faire un solo sur son disque. J'ai tourné un petit peu, j'ai fait l'Olympia avec lui. Les rapports que nous avions étaient comme souvent ceux de musiciens à chanteurs... Il est arrivé qu'il veuille que je reproduise un solo sur scène. Par définition, un jazzman fait un solo particulier à chaque fois, impossible donc.
Quelles sont vos méthodes de composition ?
Je pars d'une idée générale et ça suit tout seul. Elles diffèrent à chaque fois selon le travail à effectuer : sur un album ou sur une pièce de théâtre. Pour cette dernière, la démarche est plus facile parce que plus visuelle, alors que pour un album, elle reste plus abstraite parce que très personnelle. La composition se fait au piano, puis il faut écrire des harmonies et des mélodies.
Qu'est ce que le jazz en 2007 et comment le voyez-vous évoluer ?
Un nom générique qui n'a plus de sens du tout. Il ne correspond à rien, même plus aux critères principaux : le swing et l'harmonie. Maintenant, il englobe toutes les musiques improvisées. Je ne vois pas son évolution. Elle est complètement anarchique, ce qui est très bien parce qu'on voit bien aujourd'hui que les musiques proviennent de mélanges. Peut-être verra t-on bientôt de la musique esquimaude mêlée à la musique bretonne ! En même temps, on avance vers une simplification de la musique. Le style n'a plus tellement d'importance en jazz, ce sont des personnalités qui vont s'en sortir car tout a déjà été fait.
Quelle est, selon vous, la définition d'une bonne composition ?
Pouvoir tenir une mélodie. Dans mon disque, ce sont des touches de couleurs. Sinon, je ne sais pas... un son.
Quels sont vos projets ?
Le projet immédiat, c'est vraiment de tourner avec le quartet parce que le disque « Le Lann- Top » a été vraiment bien accueilli. Pourquoi pas en écrire un autre pour l'année prochaine avec Jannick Top ?