Sangliers. Le ras-le-bol des agriculteurs de Rhuys
Exaspéré par les dégâts des sangliers sur les cultures, le collectif des agriculteurs de la presqu'île de Rhuys exige d'être reçu par le préfet, faute de quoi il pourrait « saborder » le salon Mille Sabords, à la Toussaint, via une opération escargot par exemple.Les dégâts causés par les sangliers dans les exploitations de la presqu'île de Rhuys exaspèrent les agriculteurs. Leur collectif a adressé un courrier à la préfecture laissant entendre que, faute d'une rencontre avec le préfet et la Direction départementale de l'agriculture et de la forêt (Ddaf) pour trouver une solution, ils menacent de « saborder » le Mille Sabords, la manifestation nautique du Crouesty, qui se tient à la Toussaint.
La bauge dans le champ
Ce ras-le-bol arrive à un moment sensible : la récolte du maïs. Certains déplorent jusqu'à un tiers de destruction. Notamment Didier Launay, porte-parole du collectif, qui a subi de gros dégâts : 2 ha de maïs sur 14, mais aussi 5.000 m² de colza sur 9 ha, et 3 ha de blé noir sur 30 ! « Ils ont même niché dans un champ de blé noir pendant cinq mois. Le Groupement d'intérêt cynégétique (GIC) ne fait pas son travail : il faut surveiller les passages et les chasser ».
Démissions demandées
Le collectif (40 personnes) déplore des indemnisations tardives et insuffisantes (*) : « Pour le maïs, on est remboursé 800 € l'hectare. Or, un hectare rapporte 1.200€ ».
Didier Launay va plus loin et demande, au nom du collectif : la démission du président du GIC et du président de la fédération des chasseurs du Morbihan, des battues administratives, une meilleure indemnisation, l'arrêt de l'engraissement des sangliers au maïs, des clôtures obligatoires et rapides et - il pèse ses mots - l'extermination des sangliers. « Il y en aurait entre 400 et 500 sur la presqu'île et un sanglier parcourt 60 à 80 km/jour ».
Cohabitation ?
Autre sujet sensible, les friches : « Rien que sur Saint-Gildas, il y en a 2.500 ha. Des terres agricoles sont rachetées pour constituer des zones de chasse. On perd de la surface agricole ». Pour le collectif, la cohabitation entre agriculteurs et chasseurs est incompatible si la population de gibier n'est pas maîtrisée.
Bruno Jaffré, directeur de la fédération des chasseurs du Morbihan, n'est pas de cet avis : « La cohabitation est possible mais il faut plus de dialogue, de compréhension des uns et des autres ». Guy Dlouhy, président du GIC, n'oppose pas non plus chasseurs et agriculteurs : « Beaucoup d'agriculteurs chassent ».
Ce dernier rappelle qu'en mars, mai et juin, des battues administratives ont été effectuées avec trois laies abattues dont deux suitées. « Depuis le 15 août, on a tué 35 sangliers ». Il estime qu'en février, il ne devait en rester qu'une cinquantaine en presqu'île et il souligne l'effort du GIC pour les clôtures : « On en installe des kilomètres par an. Mais la presqu'île fait 15.000 ha ! ».
La solution ? « Continuer à abattre : huit sangliers ont été tués la semaine dernière ».
* La fédération des chasseurs estime à environ 15.000 € les indemnisations sur la presqu'Île en 2007.