Saint-Tugdual. La lumière du XXI e siècle entre dans la chapelle
Une nuit de janvier 2006, la chapelle de Saint-Guen, à Saint-Tugdual, a été détruite par un incendie criminel. Ne restaient alors que des murs calcinés. Les vitraux anciens ? Partis en fumée, hormis quelques fragments récupérés en très mauvais état. Depuis, un gros travail de reconstruction et de restauration a été effectué pour rendre à l'édifice religieux du XVI e siècle sa splendeur passée.
Fusion du contemporain et de l'ancien
Michel Caron, artiste plasticien de renom, a été contacté par la Drac (direction régionale des affaires culturelles) pour habiller Saint-Guen d'une lumière contemporaine. La Drac souhaitait aussi voir réinstaller les fragments des vitraux historiques sauvés de l'incendie. Ils seront intégrés dans l'oeuvre contemporaine de l'artiste.
Les baies de Saint-Guen sont désormais en place, la dernière ayant été posée avant le pardon. Ce dimanche-là, des centaines de visiteurs ont découvert le travail du plasticien, un peu déconcerté par le modernisme des nouveaux vitraux. Michel Caron, ancien élève des Beaux-Arts de Paris, crée depuis 45 ans. Il a enseigné l'art du vitrail à Chartres et conçu de nombreux ouvrages dans la France entière, s'inscrivant dans le monde de l'art contemporain. Mais toujours en adéquation avec le bâtiment. La Bretagne est d'ailleurs une des grandes régions à faire entrer le contemporain dans ses églises.
« Saint-Guen, c'est une formidable lumière, un édifice entouré de végétation. Je voulais travailler en tenant compte de cette ouverture sur l'extérieur. Le jaune est symboliquement la couleur de la connaissance et au Moyen Âge, était même utilisé comme un surblanc », précise Michel Caron. À Saint-Guen, il reste à l'artiste à placer les fragments anciens sur ses vitraux. Ce sera bientôt chose faite.