Psychologue. À l'écoute des enfants violents
Une psychologue
de l'Adavi 56 (*) s'entretient avec les enfants auteurs de violences en milieu scolaire. Gratuites et confidentielles, ces consultations sont basées sur le volontariat.
C'est peu de le dire : la violence en milieu scolaire inquiète les parents et les enseignants. Elle touche aussi les victimes, directement confrontées aux insultes, coups et blessures, harcèlements et rackets. Mais qu'en est-il des auteurs de ces infractions ? Bien souvent, la réponse des institutions se résume à une exclusion de l'école et à la mise en route d'une procédure pénale susceptible de déboucher sur une sanction.
Encouragée par la préfecture du Morbihan, l'Adavi 56 a décidé d'abattre une nouvelle carte pour prévenir le fléau : la cellule d'accueil psychologique de prévention (CAPP). Créée l'an dernier pour s'adresser aux auteurs de violences intrafamiliales, cette cellule élargit son champ d'action pour recevoir dorénavant les auteurs de violences commises dans les établissements scolaires du département.
« Pas une alternative
à la sanction »
La CAPP est incarnée par Fanny Houix, une psychologue clinicienne qui a travaillé en pédopsychiatrie ainsi que dans les quartiers « mineurs » des prisons. C'est elle qui s'entretient avec les enfants violents lors de séances gratuites et confidentielles. « Il s'agit d'une démarche basée sur le volontariat, explique la jeune femme. Ces entretiens ne sont pas une alternative à une quelconque sanction, mais un espace privilégié pour parler. Le but est de faire comprendre à l'intéressé la portée de son geste et d'essayer de mettre un terme au processus de violence. S'il manifeste un problème de santé, on l'oriente vers d'autres professionnels ».
Principal enjeu en cette période de rentrée : faire connaître la cellule auprès du public ciblé. « L'Adavi a entamé des démarches avec l'inspection académique pour que l'information soit diffusée dans l'enseignement public. Une prise de contact a aussi eu lieu avec la direction diocésaine de l'enseignement catholique », indique Fanny Houix, qui reçoit les élèves en dehors des établissements où ils sont scolarisés.
« Tout le monde
a de la violence en soi »
Fanny Houix note que les parents sont « souvent présents lors des premiers contacts du mineur avec la cellule ». « Mais les entretiens suivants peuvent avoir lieu en présence de l'élève seul. Je propose une série de trois rencontres en fonction des disponibilités, de l'acte commis et de la personnalité ».
La psychologue de l'Adavi 56 considère que « tout le monde a de la violence en soi » et que le problème « vient de ceux qui ne la contrôlent pas ». « L'adolescence est une période charnière au cours de laquelle de nombreux changements peuvent expliquer le recours à la violence chez certains. Lors des entretiens, je cherche à repérer ce qui a conduit l'élève à franchir le seuil de la violence. Ce n'est pas un travail d'empathie, mais bien de conscientisation de la portée et de la gravité de l'acte. »
* Association départementale d'aide aux victimes d'infractions du Morbihan
Pratique
Cellule d'accueil psychologique de prévention, sur rendez-vous au 02.97.26.41.52. Permanences à Vannes, le lundi, de 9 h à 12 h ; à Lanester, le lundi, de 14 h à 17 h ; à Pontivy, le mercredi, de 9 h à 12 h ; à Ploërmel, le mercredi, de 14 h à 17 h.