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Cette année-là
Cloclo et l'Amoco... La rime n'est pas très riche mais elle est d'actualité au moment où on commémore, presque simultanément, les 30 ans de deux événements-choc qui avaient fait de mars 1978 un mois à la gomme. Trente ans après, il en reste de vibrants échos et dans les discothèques, ce soir, il serait étonnant que les Magnolias ou Alexandrie-Alexandra ne viennent pas faire monter de quelques degrés une ambiance nettement moins enfumée qu'à l'époque. Claude François, ces jours-ci, il n'y en a que pour lui. Et pourtant, il ne semblait pas avoir le profil type d'une figure de légende, ce chanteur pour midinettes avec son style précurseur du bling-bling. Aujourd'hui, la profession est la première à lui accorder bien plus de mérites que de son vivant et pas seulement pour un tube devenu la chanson française la plus interprétée dans le monde. Cinq jours plus tard, deuxième choc : l'Amoco. Un scénario invraisemblable et Brest au bord de l'insurrection contre les bastions de la Marine nationale, jugée partiellement responsable de ce désastre. Des mois et des mois de nettoyage avec la quasi-assurance qu'une bévue aussi monstrueuse ne pourrait pas se reproduire. Mais il y en eut d'autres. Et même une coque brisée dont le nom aurait pu inspirer un tube à Cloclo : « Oh Erika, allume-moi, oh Erika, enflamme-moi... ». Envoyez les Clodettes ! Dans cet univers du transport maritime qui a plus d'appétit qu'un barracuda, même les lourdes sanctions financières ne suffisent pas à mettre un frein aux comportements de voyous. On dégaze encore et toujours. Et comme le cynisme se pratique à tous les étages, on n'a pas oublié le plaidoyer d'un avocat expliquant que la pollution traînant dans le sillage d'un cargo, c'était de l'huile de friture... 20 km de long ! De toute évidence, sur certains navires, c'est frites à tous les repas. Cloclo et l'Amoco... Deux événements simultanés. Deux légendes. Avec juste un petit point commun : le nez. Celui de Claude François était une obsession et on dit qu'il se le fit refaire trois fois. Celui de l'Amoco fit le tour du monde avec une image impressionnante restée dans les mémoires : ce nez en forme de gueule de requin rendant son dernier souffle. Un soir, il se détacha et porté par l'air emprisonné, partit au fil des courants. Depuis, personne ne l'a jamais retrouvé.


Sources
Le Télégramme
15/03/2008
Rubrique: Morbihan
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