Viols. Dix années de réclusion au grand-père
Jugé coupable de viols, entre 1988 et 1991, à Lanester (56), sur sa petite-fille alors mineure, un retraité finistérien âgé de 77 ans a été condamné, hier, par la cour d'assises du Finistère, à dix ans de réclusion.
Au cours d'une plaidoirie où il aura surtout tenté d'insuffler le doute dans la tête des jurés, M e Ronan Appéré a estimé qu'il s'agissait de « la parole de l'un contre la parole de l'autre », estimant qu'il n'y avait aucune preuve matérielle contre son client.
Sur le fond, l'avocat brestois n'a pas tort. En 2006, la plaignante âgée de 25 ans a porté plainte pour au moins cinq viols commis dans le garage du grand-père, entre 1988 et 1991, de ses sept à dix ans. Aucun élément ni témoignage n'étayent sa thèse. Certes, il a reconnu les faits à l'issue de sa quatrième audition en garde à vue, mais il s'est ensuite ravisé pour garder la même ligne de conduite.
« On a exhumé le passé »
Restent ces faits, vieux de plus de vingt ans, pourtant prescrits mais qui ont lourdement pesé dans la balance : le viol de ses trois filles jusqu'à leurs 17 ans.
Ces révélations, reconnues par le patriarche, ajoutées aux accusations de trois autres de ses petites-filles qui évoquent des agressions ou exhibitions sexuelles entre 1983 et 1986, n'ont pas manqué d'interpeller M e Appéré.
« On a exhumé le passé, on est revenu trente ans en arrière pour planter le décor », s'est-il offusqué. Puis, se tournant vers son client : « Vous avez été dégueulasse avec vos filles, odieux, lamentable, personne ne peut vous pardonner. Mais vous n'êtes pas là pour ça ».
La grand-mère
ne croit pas sa petite-fille
« Ce contexte pèse lourdement, il a passé sa vie à tromper tout le monde et il ne changera jamais », estime l'avocate générale Françoise Mariaux.
Aux insinuations de la défense laissant entendre que la jeune femme pourrait avoir été guidée dans sa démarche, l'avocate de la partie civile a coupé court. « Elle ne reprend pas le flambeau de sa mère ou de ses tantes, elle protège sa fille de cet homme qui n'est pas un gentil grand-père mais un pédophile pervers ».
Le coup de massue aura été porté par la femme de l'accusée. Cette mère qui, en 1983, n'avait rien fait après les révélations de ses filles. Cette grand-mère qui, hier à la barre, a indiqué ne pas croire sa petite-fille, laissant cette dernière en pleurs. Avant de se réfugier dans un mutisme total, le rompant seulement pour confirmer qu'elle aimait encore son mari, incarcéré depuis deux ans.