Stage. Un sénateur breton en immersion chez LVMH
Joseph Kerguéris en stage d'immersion chez LVMH, le nº1 mondial du luxe. L'initiative a de quoi surprendre. Pas du tout, répond le sénateur du Morbihan et président du conseil général.Depuis hier, Joseph Kerguéris est en immersion dans l'une des plus grandes entreprises françaises, l'une des plus riches, l'une des plus connues au monde et dont le patron, Bernard Arnault, émarge parmi les plus grandes fortunes de la planète. Louis Vuitton Moet Hennessy, ce sont soixante marques prestigieuses dans les domaines des vins et spiritueux, de la maroquinerie, des parfums et de la cosmétique, de la joaillerie, de la distribution ainsi que de la presse économique depuis le rachat du groupe Les Échos. Ce qui représente 71.000 salariés.
Trois jours d'immersion
Joseph Kerguéris prévient non sans humour : « J'entends des voix dire : papy Joseph fait dans le beau linge ». Et il ajoute au téléphone, depuis le magasin Bon Marché de la rue de Babylone, à Paris, propriété de LVMH, où il est en visite : « Si je suis là, c'est pour tout, sauf le bling-bling ».
C'est au titre de son mandat de sénateur que le président du conseil général du Morbihan fait ce stage de trois jours.
La Haute assemblée, dont il est depuis 2002 l'un des trois représentants morbihannais, est sollicitée tous les ans par des grandes entreprises pour envoyer ses membres en immersion. « Il y avait une opportunité pour LVMH », indique-t-il.
Au programme, des rencontres studieuses avec les principaux responsables de secteurs d'activités du groupe. Ainsi, hier matin, le secrétaire général, puis le patron de l'horlogerie et des bijoux au déjeuner. « On a parlé du problème de la qualification professionnelle des jeunes dans ces domaines. Une discussion très intéressante car nous avons à Ploërmel une école de la joaillerie et dans le Morbihan, des sites d'art prestigieux comme Kerguéhennec. J'ajoute que le conseil général a lancé un cluster (*) qui s'appelle métiers d'art ».
Une entreprise d'artisans
Joseph Kerguéris ne verra pas Bernard Arnault mais Antonio Belloni, directeur général délégué de LVMH et Nicolas Betout, nouveau patron des Échos. « La première entreprise mondiale du luxe est une entreprise française, dit-il, et c'est une entreprise d'artisans dont la quasi-totalité de la production est assurée en France. Et c'est cela qui m'intéresse dans la découverte de LVMH. Pas le clinquant ».
Après BP, c'est la deuxième plongée dans le monde d'un grand groupe industriel pour Joseph Kerguéris. « Il faut, assure-t-il, écouter pour se forger une opinion. Un parlementaire vote la loi, c'est mieux qu'il puisse se construire un point de vue ». Bref, un sénateur en stage, ce n'est pas du luxe.
* Un cluster vise à faire coopérer des entreprises dans un même domaine.