Sénat. Du monde au portillon
Jamais une élection sénatoriale n'avait été aussi ouverte. Elle complique même la donne pour la future présidence de l'association des maires du Finistère.
La parité, la proportionnelle et le non-cumul des mandats : c'est la première fois que, dans le Finistère, une élection sénatoriale doit se conformer à ces trois obligations. Elles changent la donne car si naguère les sièges de sénateurs ressemblaient à des couronnements de carrière, le jeu est aujourd'hui bien plus ouvert. L'arrivée en force de femmes et d'élus de fraîche date bouscule la tradition de ce scrutin où environ 2.000 grands électeurs du département seront appelés aux urnes en septembre prochain.
PS : vote aujourd'hui
Le profil des candidatures (une quinzaine au départ) pour figurer sur la liste du PS témoigne de cette nouvelle tendance. Certains candidats sont de quasi-inconnus du public, ce qui eut été totalement incongru lors des sénatoriales précédentes. Les adhérents socialistes seront, du reste, les premiers à trancher, aujourd'hui même, entre deux listes qui leur sont soumises. François Marc, placé en tête dans ces deux propositions de listes, est assuré de retrouver son siège de sénateur par la vertu de la proportionnelle départementale. Le second siège auquel le PS peut prétendre ira forcément à une femme, au nom de la parité. Ce sera soit la conseillère régionale brestoise Forough Salami, soit la conseillère générale quimpéroise Maryvonne Blondin. Chez les bookmakers anglais, c'eût été du cinquante contre un, il y a trois mois, tant ces deux femmes faisaient figure d'outsiders. Les voilà désormais au pied des marches du Palais du Luxembourg, siège du Sénat.
UMP : la femme d'abord ?
Dans les rangs de l'UMP, la compétition est encore plus ouverte puisqu'il n'y a pas de sénateur sortant. En première ligne, la Sudiste Hélène Tanguy se dépense doublement : pour figurer en position éligible, mais également pour que le Finistère soit l'un des départements accordant la tête de liste à une femme. Une préoccupation stratégique car l'UMP n'est nullement assurée de décrocher deux des quatre sièges en jeu dans le Finistère. Elle en aura sûrement un, mais le deuxième est beaucoup plus aléatoire. Les Centristes ont, en effet, annoncé clairement leur intention d'être présents et dans ce scrutin à dominante rurale, où de nombreux grands électeurs n'ont pas d'étiquette politique affichée, les Centristes peuvent nourrir un petit espoir de décrocher le pompon par le biais de la proportionnelle. Canevet, Marzin, Caradec... figurent parmi les noms circulant pour constituer une liste.
Autant dire que le jeu n'est pas simple pour l'UMP où la concurrence interne était déjà active. Elle s'est encore élargie avec l'arrivée d'une nouvelle génération où figurent notamment Agnès Le Brun et Philippe Paul, nouveaux maires de Morlaix et Douarnenez, bien décidés eux aussi à entrer dans le cercle des prétendants.
Du coin de l'oeil
Ce scrutin a d'ores et déjà une incidence manifeste sur une autre élection : celle de la présidence de l'association des maires du Finistère qui aura lieu en octobre, trois semaines après les sénatoriales. Selon une tradition bien établie, cette présidence va à un élu de droite alors que la présidence du Centre de gestion des communes est dévolue à un élu de gauche, le tout sur la base de listes uniques rassemblant droite et gauche. Cette fois, le jeu est troublé par la coïncidence de l'élection sénatoriale, gauche et droite se regardant du coin de l'oeil, de crainte que le camp d'en face ne profite du levier de l'association des maires pour gagner des voix aux sénatoriales. Autant dire que, pour l'instant, ces négociations gauche-droite sont au point mort.