Réchauffement climatique. Un centre d'expertise à Brest
Aider les régions du monde à lutter contre le réchauffement climatique. Tel est l'objectif de Climsat, un centre d'expertise satellitaire de l'ONU, créé sur le technopôle de Brest-Iroise.
Symboliquement, Jean-Yves Le Drian, président du conseil régional a détaillé, hier à Brest, le projet Climsat (Le Télégramme du 25 septembre), à l'ouverture des travaux de la semaine internationale des sciences et technologies de la mer (*). C'est aussi les 29 et 30 octobre prochains qu'aura lieu à Saint-Malo le premier sommet mondial des régions sur le thème de la lutte contre le changement climatique.
70 millions de dollars
Au départ, il y a la volonté du Programme des Nations unies (PNUD) de consacrer au sujet un effort, sur cinq ans, de 70 millions de dollars. L'idée est de sensibiliser 500 régions du monde au défi du changement climatique. D'aider cinquante régions à élaborer leur plan climatique territorial et de déboucher sur des centaines de projets.
Pour ce faire, l'image satellitaire peut servir. L'ONU l'a fait, à travers le service Unosat, à Genève, en matière de catastrophes naturelles. « Pour le changement climatique, ce sera un pas de plus en complexité », observait, hier, Alain Retière, qui dirigeait Unosat et va piloter Climsat. Âgé de 47 ans, avec des attaches bretonnes, cet ingénieur en agriculture, titulaire d'un diplôme d'études approfondies en écologie tropicale, travaille depuis les années 1990 pour l'ONU et est intervenu dans soixante-dix pays.
« Nous allons construire la maison Climsat », expliquait-il hier. Pour la nourrir, des projets pilotes vont voir le jour. Alain Retière en cite déjà en Uruguay, Albanie et Macédoine. À titre personnel, et emblématique, il a pensé à l'île de Sein. Que fera la Bretagne au titre des projets à venir ? « Il serait inconvenant qu'on ne soit pas candidat », indiquait, hier, Jean-Yves Le Drian, réservant toutefois la réponse pour le sommet de Saint-Malo.
5.000 images par an
Climsat va solliciter des images satellites, à raison de 5.000 par an. Et, localement, va entrer notamment en contact avec le centre de météorologie spatiale de Lannion (22).
Le budget, la première année, est de 600.000 €. L'effectif actuel, de quatre personnes, devrait atteindre une dizaine, fin 2009, pour atteindre quarante à cinquante, en vitesse de croisière. La Région, le département du Finistère et BMO (Brest Métropole Océane) aident le projet, dont le principal financeur sont les Nations unies. Des entreprises seront aussi sollicitées.* Dans l'édition du Télégramme du 9 octobre, nous évoquions l'éventualité d'un engagement, le 17 octobre à Brest, de plusieurs partenaires (État, Ifremer, EDF notamment et plusieurs régions dont la Bretagne) sur les énergies marines renouvelables. Une hypothèse confirmée depuis.