Prison. Le personnel d'insertion et de probation en colère
L'intersyndicale (CGT et FSU) regroupant les conseillers d'insertion et de probation pénitentiaire affiche mécontentement et inquiétude contre le projet de réforme statutaire dont ils font l'objet. Après avoir distribué des tracts aux marches du palais de Justice de Brest, les délégués syndicaux sont revenus sur les raisons de leur mécontentement. « On était auparavant des travailleurs sociaux et on est en train de nous demander de devenir des experts en criminologie. Nous ne sommes pas des apprentis sorciers », s'indigne Alain Corre, qui argumente en estimant que « nous n'avons pas reçu la formation pour. Nous sommes avant tout responsables dans l'encadrement socio-éducatif alors que l'on semble nous attendre désormais sur le champ de la prévention de la récidive ».
Pour mémoire, les 28 fonctionnaires du service de probation et d'insertion pénitentiaire (SPIP) du Finistère gèrent 1.200 mesures en milieu fermé et 3.422 mesures en milieu ouvert, soit plus de 120 mesures par an et par fonctionnaire. « Et si l'on ajoute la surpopulation carcérale », laisse deviner le délégué syndical en recensant les 420 détenus à Brest pour 255 places.
Des moyens d'action
À cette revendication sur le fond du métier s'ajoutent celles relatives à sa forme. « Formation réduite à un an, perte de 20 % des crédits de déplacement, perte d'un tiers des crédits de formation, salaire au mérite » égrène Alain Corre, mécontent. « Nous sommes passés d'un travail d'animation à un travail d'expert pour l'aménagement de la peine sans moyens ».
Aussi, et en dépit de leur interdiction de faire grève, les fonctionnaires du SPIP organisent la riposte. Tout d'abord, « nous ne prendrons plus nos voitures personnelles et nous solliciterons par écrit l'unique véhicule de service du département ». Puis ils boycotteront les réunions institutionnelles. Histoire de se faire entendre avant la manifestation nationale du 5 juin.