Phare du Stiff. Les bâtiments revivent
Laissées à l'abandon depuis 1993, les deux habitations du phare du Stiff, à Ouessant, ont ressuscité. Le conservatoire du littoral leur a offert une seconde jeunesse.
Ils auraient pu finir en résidences secondaires, dans les mains d'un particulier. Mais le conservatoire du littoral en a décidé autrement, en 2003.
Depuis le départ du dernier gardien, remplacé par un système automatique en 1993, seul le phare restait entretenu. Les habitations, elles, tombaient en ruines. « Il s'agissait de ne pas sanctuariser l'endroit, mais plutôt de lui redonner vie », a déclaré Jérôme Pignon, président du conservatoire. C'est chose faite, après que les toitures et les fondations mérulées furent entièrement reprises. Le site est désormais accessible au public.
Parmi les invités de l'inauguration, hier, Michel Berthelé avait peut-être le coeur plus gros que les autres. Lui qui a passé « 25 ans de sa vie » comme gardien de phare, et qui a vu « naître sa fille sous ces toits » a eu de quoi être ému : une des deux expositions installées pour l'occasion, est à son honneur. Vingt-six panneaux faits de morceaux de voile ont été recouverts de textes poétiques, inspirés de ses carnets de notes. Le veilleur d'Ouessant possède, dans ses livres de bord, des anecdotes dignes des récits de marins. Ce qu'il fut d'ailleurs dans sa jeunesse.
L'autre exposition est dédiée à l'abeille noire. Les apiculteurs ouessantins, hébergés de façon permanente sur ce site par le conservatoire du littoral, possèdent une souche unique d'abeilles, totalement épargnée des pollutions d'origine continentales. Plus loin vers l'ouest de l'île, le périmètre du phare du Creac'h a, lui aussi, connu un petit lifting. Le départ d'un sentier côtier y a été ouvert.
Le projet, d'un montant de 600.000 €, a reçu un précieux coup de pouce des fondations Banque populaire (150.000 €), EDF Diversiterre (30.000 €) et de l'Europe (230.000 €).