Peintures. DCNS carène plus propre
Au registre du « lave plus propre », DCNS Brest a fait des progrès dans le carénage des navires militaires. Les eaux de la Penfeld ne servent plus de déversoir.Cela peut étonner, mais il y a dix ans, les boues de peinture issues de carénage, et avec elles des métaux lourds peu sympathiques (cuivre, étain) rejoignaient, en grande majorité, la rivière Penfeld. Pour un bateau de formation, type « Tigre », un petit navire, cela représentait une tonne à 1,5 tonne avec des traînées rouges dans l'eau dues principalement à la peinture anticorrosion.
Aujourd'hui, ces boues vont rejoindre une déchèterie.
Entre-temps, des efforts et de la réglementation sont passés par là. De 2000 à 2006, seules les grosses particules étaient récupérées et le reste était rejeté à l'eau. « À partir de fin 2006, les effluents ont été récupérés puis rejetés dans l'eau à une valeur acceptable », explique Christian Jaffres, responsable des travaux de peinture à DCNS - Brest.
Des normes
Depuis décembre 2007, la Marine a imposé des valeurs. « Nos résultats sont supérieurs à ce qui est demandé », précise Christian Jaffres. La sensibilité à l'environnement s'étant développé, l'établissement s'attend à ce que les normes deviennent plus contraignantes dans les années futures.
Aujourd'hui, dans certaines formes de radoub, DCNS emploie des moyens mobiles de récupération et décantation. Des équipements fixes existent aussi dans deux bassins de carénage rénovés. DCNS a également eu l'occasion d'utiliser un robot de décapage pour caréner une partie du porte-hélicoptères Jeanne-d'Arc. Intérêt : les effluents vont directement en cuve de rétention. La Jeanne, 47 ans, est aujourd'hui toute neuve, à l'extérieur du moins. Exit ce qui restait de peinture contenant du tributylétain (TBT), que DCNS n'emploie plus depuis 2002. Ce TBT, a montré une étude, faisait changer de sexe les bigorneaux...