Meurtre du port de commerce. Rebond étonnant
Luca Scaracia était attendu aux assises pour le meurtre d'André Morvan en 2004. Mais c'est en correctionnelle qu'il a ressurgi. Pour les mêmes faits. En décembre 2006, à la cour d'assises du Finistère, l'on jugeait les meurtriers présumés d'André Morvan, un promeneur jeté par-dessus un quai du port de commerce de Brest, en août 2004, par des marginaux.
Mais lors de l'audience, une véritable bombe judiciaire explosait : l'un des trois hommes dans le box des accusés n'était probablement pas le bon et deux d'entre eux portaient leurs accusations sur Luca Scaracia. Cité comme témoin, il était arrivé à la barre et avait aussitôt demandé un avocat en sentant le piège se refermer sur lui. Le procès avait été renvoyé après trois jours d'audience.
Un certain étonnement
C'est avec un certain étonnement que son nom est réapparu hier, au détour d'une audience classique du tribunal correctionnel de Brest. On lui reproche une simple non-assistance à personne en danger ce jour d'août. Mais Luca Scaracia n'est pas là.
La partie civile de M e Serpollet demande un renvoi puisqu'avertie à l'heure du déjeuner. Le procureur Tarabeux voudrait retenir l'affaire, limitée à une mise en examen parce qu'un supplément d'information, qui aurait permis peut-être de dénouer tous les fils de cette histoire aussi opaque que mal ficelée, n'avait pas été requis. Or, le jeune avocat général Gargam n'avait pas pris cette initiative.
Le tribunal de Brest va trouver une autre échappatoire en constatant que la citation adressée à Luca Scaracia, à Brive-la-Gaillarde (Corrèze), n'est pas valable et invite donc le parquet à re-citer ce routard. Le feuilleton continue et l'acte II des assises est convenu pour juin.