Mal de dos. Des médecins aident au maintien au travail
Un mal de dos récidivant peut aboutir à la perte de son travail. Des médecins du travail brestois et des spécialistes de la réadaptation à Roscoff innovent pour aider ces salariés à garder leur poste.
« En 2002, j'ai constaté que 50 % des inaptitudes définitives au travail concernaient des problèmes locomoteurs, articulaires et de dos », note le Dr Dominique Jegaden, médecin coordonnateur du service interprofessionnel de médecine du travail de la région brestoise.
80 inaptitudes par an
pour un mal de dos
« Dans notre service qui gère 60.000 salariés, sur les 350 inaptitudes au travail déclarées chaque année, 80 le sont pour un problème de dos ». Ces salariés inaptes ont des difficultés à retrouver un autre emploi, selon leur âge et leur formation. Une situation d'autant plus délicate que l'âge moyen de ces inaptes au travail est de 45 ans et qu'il leur reste la moitié de leur carrière professionnelle à assurer. En 2004, des médecins du travail de la cellule de maintien dans l'emploi et le service de réadaptation et de soins de suite du centre de Pérharidy, à Roscoff, ont entamé une collaboration pour aider ces salariés.
« Pendant longtemps, nous avons vu ces salariés trop tard, lorsqu'ils étaient en fin d'indemnités journalières et devaient reprendre leur emploi ou être déclarés inaptes. La médecine de réadaptation était aussi en quête de solutions, nos démarches ont convergé ».
À titre d'exemple, une agent de service a bénéficié dernièrement de cette prise en charge cordonnée. Aujourd'hui, elle est de retour à son poste après un mois d'hospitalisation à temps partiel à Roscoff, grâce au port d'un corset et à l'adaptation de ses outils de travail.
« La première étape a été la mise en place d'une fiche de liaison entre les médecins de Roscoff et ceux de la médecine du travail, avec l'accord du patient. Grâce à cela, on peut notamment connaître les caractéristiques du poste », dit le Dr Max Canevet, spécialiste de la médecine physique et de réadaptation de Perharidy. Ensuite, le centre a créé des hospitalisations à temps partiel avec hébergement pour aider le patient à s'évaluer avec l'aide de différents spécialistes. « On filme les patients, mais l'idéal serait de se rendre dans l'entreprise au poste de travail ».
Réunion trimestrielle
Une nouvelle étape dans cette collaboration a été franchie il y a six mois. Désormais, médecins de réadaptation et du travail se réunissent tous les trois mois pour analyser les dossiers et envisager des orientations de salariés vers Roscoff. « Le suivi à un mois, trois mois puis six mois après la reprise du travail est aussi primordial. Auparavant, on ignorait le devenir du salarié, maintenant, on le revoit systématiquement. Cela permet, par exemple, de modifier un corset mal supporté et susceptible d'être abandonné par le salarié alors qu'il lui permet de retourner au travail ».
Pratique
L'expérience innovante menée dans le Nord-Finistère sera présentée au cours d'un colloque qui se tiendra vendredi, à Saint-Pol-de-Léon.