La Jaille. Plounéour-Ménez carbure à « l'agri-culturel »
Semé en 2002, le petit festival bisannuel de « La Jaille » cultive sa nouvelle édition militante sur un champ des monts d'Arrée, ce week-end. À récolter : musique, scènes et bonne chère !
Imaginez : la plus petite salle de rock au monde installée dans un bus ; un coiffeur prêt à vous réaliser, pour une somme modique, une « coupe-performance » dans une yourte ; un bar à chouchenn ambulant homologué 100 % kreiz-breizh...
Autant d'excentricités, musicales ou non, que le collectif organisateur du festival itinérant « La Jaille » invite à tester, de vendredi soir à dimanche, sur les terres agricoles ainsi qu'au bourg de Plounéour-Ménez.
Bastringue
dans les monts d'Arrée
La première « Jaille » - synonyme de fête plus que de mise à la poubelle - a pris ses quartiers dans une ferme de La Feuillée, un beau jour de septembre 2002. La faute à Julien Tallec et sa bande, réunis depuis 1999 dans l'association « Arrée d'urgence ».
Fils d'agriculteur de Brennilis, le jeune président de 31 ans cherche à cette époque sa voie du côté de la musique. Trombone dans une fanfare et organisateur de fest-noz, il souhaite apporter un peu de bastringue sur ces terres préservées et méconnues des monts d'Arrée.
« D'autant qu'avec notre groupe hétéroclite, composé à la fois de paysans, d'intermittents du spectacle ou de cuisiniers par exemple, on avait de la matière... »
Sur le champ de leur pote
Une édition après l'autre, à Saint-Rivoal puis Plounéour-Ménez, l'opération découverte, délibérément familiale, trace son sillon.
Maïon et Wenn y ont fait leur première scène en 2006, année où 1.800 spectateurs ont également gambadé dans les foins de La Jaille.
À deux jours du prochain déballage où se mêleront, pour commencer, le violoncelle hard rock des « Violon profond », l'electro-blues-forain des « Monofocus » ou bien le théâtre de rue cinématographique des très attendus « Maboul Distorsion », Julien, Jojo, Brendan, Jean-Mich et les autres s'activent avec entrain pour monter la yourte et les deux chapiteaux sur le champ prêté par leur pote - et producteur de poulets - Yannick.
Des groupes inédits
Ambiance kermesse, mais pas trop. Même en vacances, les bénévoles gardent leurs réflexes de professionnels et soignent autant la décoration que l'accueil ou la qualité des parkings.
Avec ses petits 45.000 € de budget, cette Jaille-là a l'ambition de faire découvrir des groupes festifs peu programmés ailleurs, tout en proposant des surprises à voir, à écouter ou même à manger, à tout moment, jusqu'à dimanche.
Il y est question d'apéro-acoustique, de menu bio aux saveurs italiennes et de savoir-vivre. Les enfants, grâce au « Rock à 4 Chats » ; les familles, avec « Dimanche dans l'herbe » ou même les Brestois - merci « Rotor Jambreks » ! - connaîtront tous, c'est promis, un ou plusieurs moments de grâce. Sans distinction d'âge, d'origine ou de chapelle musicale. La vraie jaille, quoi !
Pratique
La Jaille, de vendredi soir à dimanche, à Plounéour-Ménez. Concerts à partir de 19 h vendredi, et 18 h samedi. Bourg en Jaille (gratuit) dès 14 h, samedi. Après-midi bucolique dimanche, avec repas bio (8 €). Tarifs : 22 € les trois jours, de 10 à 12 € la soirée et 5 € le dimanche. Renseignements : www.lajaille.com