Finistère. Pascal Mailhos nouveau préfet
Pascal Mailhos a été nommé hier, en conseil des ministres, préfet du Finistère, en remplacement de Gonthier Friederici. Ce dernier est placé « préfet hors cadre », qualification pouvant couvrir plusieurs hypothèses pour le futur. Mais en l'occurrence, il s'agit bien du dernier poste territorial de Gonthier Friederici, qui aura 63 ans en août prochain.
Trois postes aux côtés
de Bernadette Malgorn
Le futur préfet, qui prendra probablement ses fonctions fin juillet, est un proche collaborateur de la Finistérienne Bernadette Malgorn dont il est l'actuel adjoint au secrétariat général du ministère de l'Intérieur. Une certaine complicité s'est établie entre eux puisque c'est la troisième fois qu'ils travaillent côte à côte. Ce fut le cas, tout d'abord, au cabinet de Philippe Séguin (Affaires sociales) dirigé par Bernadette Malgorn entre 1986 et 1988. Lorsque cette dernière fut nommée préfète de la Région Bretagne, en 2002, il fut à nouveau à ses côtés comme préfet délégué pour la sécurité et la défense de la zone Ouest.
Entre Chirac et Sarkozy...
Mais dans la carrière de cet énarque originaire de la région de Toulouse, l'épisode le plus marquant à ce jour fut sa prise de fonction à la tête des Renseignements généraux. L'arrivée de Pascal Mailhos, en 2004, à ce poste on ne peut plus sensible pour le pouvoir, avait été précédée d'un bras de fer en coulisses entre Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy. Son départ, en 2006, a aussi alimenté la chronique, chacun y voyant la main du ministre de l'Intérieur qui deviendra un an plus tard, président de la République.
Pascal Mailhos, dont l'un des grands-pères fut également préfet, arrive précédé d'une réputation d'homme de rigueur. De grande rigueur ! Et de toute évidence, il n'est pas plus porté sur le chant de marin que Bernadette Malgorn sur les défilés de mode...
La diplomatie de l'ombre
À la fin du mois, Gonthier Friederici passera donc le relais, après quatre années à la tête du département, ce qui constitue un long bail par rapport à ses derniers prédécesseurs. Préfet préférant la diplomatie de l'ombre aux effets médiatiques, il restera celui qui a fait aboutir (avec le préfet maritime) l'interminable feuilleton du parc marin, mettant fin ainsi a une ambiance parfois tendue sur les côtes. Tendue, elle le fut plus encore, ces derniers temps à Quimper, mais ce départ n'est aucunement lié aux événements récents puisque Le Télégramme avait déjà donné le nom du futur préfet, il y a plusieurs semaines.
Gonthier Friederici restera aussi le préfet de « l'immersion périscopique », expression qu'il emploie pour caractériser les périodes de réserve imposées aux préfets en période d'élections. Avec le marathon électoral de ces dernières années, il aura battu un record d'« immersion » dans ce département qu'il a toujours qualifié d'« intéressant » et « ardent ». Parfois même très ardent !