Espaces naturels. Des règles de conduite
Envoûtants mais fragiles, les espaces naturels bretons s'accommodent mal des écarts humains. Le Parc naturel régional d'Armorique rappelle quelques recommandations.
Gare au feu. Le spectaculaire incendie du Menez-Hom, le 6 juin 2006 (450 hectares de végétation détruite), a rappelé combien la conjugaison de la sécheresse et de l'inconscience pouvait provoquer des catastrophes écologiques. « Il est interdit d'allumer un feu dans les landes, les maquis, les bois, les forêts, ainsi que sur les voies les traversant », rappellent les responsables du Parc d'Armorique. Autre suggestion : oublier la cigarette, respirer l'air pur.
Randonnée : pas seul au monde. Si les espaces naturels invitent à s'évader, il est rare, en été surtout, d'être le seul à emprunter les 500 km de chemins du Parc d'Armorique. À garder dans un coin de sa tête, afin de prévenir de douloureuses rencontres entre vététistes, cavaliers ou randonneurs. Précisons que les sentiers littoraux (les chemins des douaniers), en raison de leur dangerosité, doivent être pratiqués exclusivement à pied.
Éviter le hors-piste. Autre mauvaise manie à proscrire : l'éloignement des chemins balisés. « Ils n'ont pas été tracés au hasard, mais pour préserver leurs alentours du piétinement et les intrusions dans les propriétés privées. Un enclos ouvert et c'est tout un troupeau qui risque de s'échapper », explique Jean-Yves Kermarrec, directeur adjoint du PNRA.
Cueillette : l'effet papillon. Souvenir impérissable ? Ça dépend pour qui. Chaque année, des milliers de galets partent dans les poches des visiteurs de Sein, arrachant aux îliens des morceaux de leur digue salutaire. La tempête de mars dernier montre à quel point un geste d'apparence anodine fait courir un risque énorme à d'autres. Sans parler des conséquences navrantes pour la faune et la flore d'un caillou non replacé sur l'estran. Ceci vaut notamment pour les pêcheurs à pied aux mains lourdes.
Économiser l'eau. Cela pourra paraître paradoxal aux touristes, mais la Bretagne souffre, elle aussi, d'épisodes de déficit pluviométrique. L'eau potable n'en devient que plus précieuse. Haro sur le gaspillage. Surtout sur les îles.
Toutou en laisse. La divagation des chiens fait l'objet de sanctions sur la plupart des îles. Les cas d'attaques mortelles de moutons à Ouessant suffisent à expliquer les raisons de ces arrêtés.
Déchets : sauvages ! C'est une évidence et pourtant la vue, rare mais déplorable, de décharges sauvages impose une piqûre de rappel : le Parc n'est pas une poubelle à ciel ouvert. Sur les îles, la gestion des déchets s'avère encore plus compliquée et coûteuse. Pour participer à l'effort, les vacanciers peuvent aussi trier ou, mieux, ramener leurs déchets sur le continent.