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Cross Corsen. Récits de sauvetage et souvenirs
L'entraide mutuelle unissant les gens de mer était palpable, hier, à Plouarzel, lors du 25 e anniversaire du Cross Corsen. Récits de sauvetage et souvenirs parfois cocasses palpitaient sur les radars intimes des invités. Jean-Charles Cornillou, directeur du Cross Corsen, a dû momentanément fausser compagnie à ses invités, hier midi, pour s'informer d'une évacuation sanitaire en cours à 50 milles nautiques au nord de Ouessant. Coup du sort ? « C'est juste la vie qui continue », sourit l'intéressé, rompu à la manoeuvre. Quelques minutes plus tard, il était de retour aux côtés du préfet maritime, des quarante présidents de stations SNSM - ses premiers interlocuteurs lorsqu'il faut déclencher les secours - et des nombreux autres invités au 25 e anniversaire du Cross Corsen.
« L'Amoco a servi de catalyseur »
Une grande complicité unissait l'assistance, qui comptait quelques convives particuliers : Wenceslas Garapin fut le directeur-adjoint du Cross lors de son ouverture, en 1982. Daniel Boisseau lui succéda en 1985. Les deux hommes se sont effacés avec élégance, hier, devant leur ami René Bernard, « le préfigurateur » comme ils le surnomment. René Bernard est arrivé à Plouarzel, sur la dune du Corsen, le 1 e r septembre 1979. Il a vite rejoint Ouessant, pour suivre la construction de la tour du Stiff, qui abrita, deux ans plus tard, à 136 mètres au-dessus du niveau de la mer, le radar Thomson TRS 34 05, qui allait alimenter les écrans radar du Cross. L'homme se souvient de tout : « Le site du Corsen et les crédits avaient été votés avant l'Amoco Cadiz. Le naufrage a servi de catalyseur. Ce qui suivait son cours est soudainement devenu urgent », rappelle-t-il.
Chirac empêché de visiter la tour radar du Stiff
Il n'a pas non plus oublié la venue, en 1981, d'un certain Jacques Chirac. Le maire de Paris, également candidat à la présidentielle, voulait mordicus visiter la tour du Stiff. Sa requête est parvenue aux oreilles du président Valéry Giscard D'Estaing, qui, candidat à sa réélection, a craint que la portée symbolique de l'événement ne lui porte préjudice. Jacques Chirac n'a pas pu pénétrer dans la tour radar mais les pourparlers, semble-t-il à couteaux tirés, « ont entraîné quelques difficultés entre le littoral et Paris », élude diplomatiquement René Bernard. Plus de 25 ans plus tard, le 1 e r mai 2007, un autre candidat, Nicolas Sarkozy, venu rendre un hommage appuyé « « à la France qui travaille », se demandait, lui, ce qu'il était venu « foutre dans un centre opérationnel sinistre à regarder un radar... ».



Jean-Charles Cornillou, actuel directeur du Cross, aux côtés de Wenceslas Garapin, René Bernard et Daniel Boisseau, qui étaient en poste à l'ouverture du centre : « « Le site du Corsen et les crédits avaient été votés avant l'Amoco Cadiz. Le naufrage a servi de catalyseur ». . Photo T. C.
Sources
Le Télégramme
16/05/2008
Rubrique: Finistère
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