Choeur Penn ar Bed. Sur les terres de Theodorakis
Direction Lavrio en Grèce, cet été, pour le choeur Penn ar Bed dont l'idée un peu folle d'aller chanter des oeuvres de Mikis Theodorakis, en grec dans le pays du grand compositeur, a fait son chemin.
L'aventure a débuté en 1989 pour le choeur Penn ar Bed, créé dans un premier temps à l'initiative de Janine Tanguy et de Jean Golgevit, le chef de choeur, pour chanter le Canto general de Theodorakis sur les poèmes de Pablo Neruda. Le succès est à la clé pour les 130 choristes qui défendront l'oeuvre du grand compositeur grec sur les scènes de diverses villes de France.
Le choeur abordera ensuite « La cantate du bout du monde » de Jef Le Penven, « Missa Criolla » de Ramirez, les vêpres de Rachmaninov, la musique du Russe du XX e siècle, avant de revenir à ses premières amours. « En 2006, Jean Golgevit, toujours passionné de Theodorakis, a souhaité que nous retrouvions ce compositeur dans un programme plus large. Nous avons ainsi choisi de chanter les oeuvres composées sur les poèmes d'Elytis et Seferis : Axion esti et Epiphania averof, toutes deux écrites en langue grecque », explique Alain Guivarc'h, qui fait partie de la trentaine de choristes « estampillés d'origine ».
Un pari un peu fou
« Pari un peu fou, parce qu'aucun choriste ne connaissait la langue grecque moderne », poursuit ce dernier. C'était sans compter sur la pugnacité des 65 choristes et la précieuse aide apportée par Madelaine Riou, ancien professeur de lettres modernes, qui leur a transmis sa passion pour la Grèce, sa culture et ses poètes et leur a servi de traductrice et de guide, pour la prononciation notamment.
Présenté plusieurs fois en Bretagne, leur « hommage à Theodorakis » ne pouvait trouver plus belle terre d'accueil que celle qui a vu naître le compositeur. À Lavrio, un port situé à la pointe de l'Attique, leur projet trouve un écho. Theodorakis, interné sur une île située juste en face pendant le régime des colonels, a été fait citoyen d'honneur de la ville qui est aussi celle du joueur de bouzouki venu les accompagner.
Deux concerts y sont d'ores et déjà programmés, les 8 et 9 août, l'un avec l'orchestre de Mikis Theodoreakis et l'autre avec le choeur Penn ar Bed accompagné de musiciens locaux et du soliste grec Nicolas Rigas, qui sera également présent lors du concert à Brest.
Un jumelage envisagé
Mais le choeur souhaite pousser plus loin sa démarche en imaginant un jumelage entre Quimper et Lavrio, ce qui permettrait au projet de rentrer dans le cadre du programme européen « L'Europe des citoyens ». Des échanges qui pourraient intéresser des acteurs culturels comme le Festival de Cornouaille, mais aussi des entreprises, les chanteurs prenant très à coeur leur rôle d'ambassadeur.
Pratique
« Hommage à Theodorakis » par le choeur Penn ar Bed, dimanche, à 18 h, à l'auditorium du conservatoire de Brest.
Au programme : Canto general (extraits) ainsi que Axion esti et Epiphania averof.
Tarifs : 8 €, 12 € et 14 € sur place. Réservations : Fnac, Carrefour, Magasins U, Géant et Dialogues musiques
au 02.98.80.43.44.