Chasseurs. Inquiétudes venues d'ailleurs
L'apparition de nouvelles maladies dans la faune sauvage et l'émergence de thèses radicales pour le bien-être animal inquiètent les chasseurs finistériens.
La fédération des chasseurs du Finistère compte quelque 13.000 membres. Dans son intervention, dernièrement lors de l'assemblée générale, le président de la fédération, le vétérinaire Pierre Menez, a insisté sur deux thèmes en particulier.
Les recherches menées dans le cadre du réseau Sagir (Surveillance nationale sanitaire de la faune sauvage), dont il est membre, font apparaître une recrudescence des maladies transmissibles à l'homme par les animaux sauvages (zoonoses).
Parmi elles, la maladie de la Riff Valley. Un syndrome grippal, mortel dans certains cas, pour l'homme et les chevaux, transporté par les flamands roses qui migrent du Kenya vers le sud de notre pays notamment.
Émergents également, le virus du Nil occidental, que transportent des migrateurs venant d'Égypte ou encore la fièvre cataracte ovine, apparue en Hollande via un insecte africain. « De fait, l'animal sauvage n'est pas contrôlé par les services sanitaires, rappelle Pierre Menez. Or, l'homme est tout autant migrateur aujourd'hui. Le réchauffement climatique participe également de ces déplacements d'animaux sauvages vecteurs de maladies parasitaires, virales ou bactériennes. Face à ce phénomène, le chasseur, soucieux de l'équilibre de la biodiversité, doit continuer à jouer son rôle de sentinelle, dans la nature, d'adjoint technique et scientifique des autorités ».
Bien-être animal
et dérive idéologique
Autre thème, « aussi inquiétant », assure Pierre Menez, celui de « la dérive de certaines personnes, comme les végétaliens, qui militent pour cette nouvelle cause que serait le bien-être animal. Ils contestent la différence entre hommes et animaux et demandent l'attribution à tous de droits semblables ! Il est nécessaire de se prémunir de ces thèses désuètes et extrémistes », estime Pierre Menez, qui fait partie du comité national Noé, créé il y a un an pour faire face à ces « lobbies de la protection animale dont l'intégrisme est de plus en plus évident ».