Académie. Alain Miossec, un recteur géographe
Le recteur Alain Miossec vient de prendre ses fonctions à la tête de l'académie de Rennes. Comme son prédécesseur, Jean-Baptiste Carpentier, ce géographe né à Quimper voici 62 ans est le pur produit de la méritocratie républicaine.
« Je veux faire ma première visite d'établissement au collège François-Collobert de Pont-de-Buis », annonce le recteur. « Il porte le nom de l'instituteur que vénérait mon père, l'un de ceux qu'on appelait les hussards noirs de la République ». Si son père a fait ses humanités à « l'école du diable » de Pont-de-Buis, sa mère était à « l'école du bon dieu » à Quimper-Kerfeunten. Tous deux se sont retrouvés postiers à Quimper où devait naître leur fils.
Géographie active
Trois ans plus tard, la famille quittait sa Bretagne pour la Normandie, puis venait s'installer à Nantes en 1953. C'est là qu'il a suivi ses études, qui devaient le mener à l'agrégation de géographie. Il enseigne en Seine-Maritime puis à Tunis, avant de revenir à Nantes où il devient professeur puis directeur de l'Institut de Géographie de l'Université.
Spécialiste des littoraux et pionnier de la « gestion intégrée des zones côtières », Alain Miossec pratique aussi la « géographie active » sur le terrain. Ainsi a-t-il été le conseiller technique de la mairie de La Baule pour le pharaonique projet de « rechargement » de 300.000 m³ de sable sur la plage.
Arpenteur de territoires
Comment est-il devenu recteur ? « C'est une affaire de relations, il faut être dans des réseaux », répond-il en souriant. Pour lui, les réseaux se sont tissés à partir de 2002, lorsqu'il a été appelé au poste de directeur scientifique adjoint au ministère de la Recherche. Cette première expérience de la pratique administrative a dû se révéler concluante : trois ans plus tard, Alain Miossec était nommé recteur à La Guadeloupe avant de rallier Rennes la semaine dernière.
Même si ses liens avec sa région natale se sont distendus, il est ravi de retrouver sa Bretagne et celle de son épouse, une Morbihannaise de La Roche-Bernard. « C'est l'une des plus belles académies », lance-t-il. « Vous pouvez compter sur moi pour l'arpenter, sur le terrain ». Il l'arpentera en portant son « regard de géographe » sur les cartes des territoires et des formations, pour « la meilleure insertion de l'Éducation nationale dans le tissu économique et social breton ». Cela passera par les « grands dossiers des réformes », celles du primaire, des lycées, des universités dans leur passage vers l'autonomie, et la « mastérisation des recrutements ».