Abbaye de Daoulas. Les Berbères s'exposent
L'exposition « Berbères, de rives en rêves » commence aujourd'hui à l'abbaye de Daoulas. Plus de trois cents pièces sont présentées.
Les Berbères sont les invités de l'Abbaye de Daoulas qui les accueille jusqu'au 4 janvier prochain à travers une exposition. Celle-ci essaie de cerner ce qui fait l'identité de ce peuple.
La scénographie d'Alexandre Fruh, les interviews et projections accompagnent un cheminement dont Hacène Larbi a eu en charge la dimension musicale.
Plus de trois cents objets jalonnent le parcours, certains très étonnants comme ce coffre kabyle de plus de deux mètres de long. « C'était le seul meuble dans l'espace domestique traditionnel », explique Mireille Jacotin, du musée des civilisations de l'Europe et de la Méditerranée, à Marseille, et commissaire scientifique de l'exposition. Les vêtements de femme y étaient rangés mais, sous le couvercle, une logette accueillait bijoux et... armes.
Accroché dans l'entrée, un tableau de Sheffer, représente saint Augustin (354-430), berbère d'origine, habillé en romain. Clin d'oeil : l'abbaye de Daoulas a été longtemps occupée par les chanoines de l'ordre de Saint-Augustin.
Tatouages
Des poteries, un art féminin, modelées à la main, sont présentées. Certains motifs sont censés avoir des vertus, comme d'éloigner le « mauvais oeil ». Une belle cape de berger est déployée, tissée d'un seul tenant. Les bijoux, fibules, colliers sont superbes, en argent, avec des émaux, du corail, de l'ébène, et, parfois, de quoi loger du parfum.
Étonnant aussi : le travail de retranscription réalisé par un médecin, Ernest Gaubert, dans les années 1930, qui a pu voir les tatouages en henné, sur le corps des femmes, des motifs de fertilité pour certains.
L'exposition, coordonnée par Marianne Dilasser, par se prolonge en s'appuyant sur des grandes figures de la culture berbère, comme l'écrivain Kateb Yacine, la chanteuse Taos Amrouche, ou encore Slimane Azem, disque d'or 1970, et Idir, en 2004. Avec, à l'appui, documents, affiches et pochettes de disques. Des jardins temporaires, de teintures, de tisanes, de cuisine (le couscous est berbère), une oasis même, ont été créés dans la cour. Rencontres musicales et ateliers pour enfants jalonneront cette exposition qui se terminera le 4 janvier prochain.
Pratique
Tous les jours de 10 h à 18 h 30 (fermeture des caisses à 17 h 30). Plein tarif : 6 € ; 4 € pour les étudiants et demandeurs d'emploi. 3 € pour les 10-18 ans. Gratuit en dessous.