Trafic de drogues. De lourdes peines requises
Hier et jeudi, le tribunal de Saint-Brieuc jugeait 22 personnes pour trafic de drogues. Un procès record pour les Côtes-d'Armor. De lourdes peines ont été requises.Dans ce procès, où comparaissent 22 prévenus, la seule certitude concerne les quantités de drogue saisies par les enquêteurs de gendarmerie : 8,4 kg de résine de cannabis, 1,3 kg de cocaïne, 0,6 kg d'héroïne et 110 g d'herbe de cannabis.
L'estimation réelle du trafic faite par les enquêteurs, et suivie par le ministère public, porte sur des chiffres autrement plus important : 132 kg de résine de cannabis, 8 kg d'herbe de cannabis, 8 kg de cocaïne et 360 g.
Sur ces chiffres, pas de doute, de l'avis des enquêteurs, c'est bien le plus gros procès de stupéfiants des Côtes-d'Armor.
Absence de preuves
sur les quantités
Et puis, il y a eu lors du premier jour d'audience des aveux : oui, il y a bien eu un trafic. Reste les quantités. Et là, les réquisitions de Patrick Lewden, procureur de la République, puis les plaidoiries des 18 avocats de la défense ont, hier, tourné à la bataille des chiffres, au risque de s'y noyer.
« C'est un trafic d'envergure, a redit hier le procureur. Quant aux quantités, elles ont eu tendance à diminuer au fur et mesure de l'instruction, puis de l'audience devant le tribunal ».
Tour à tour, les nombreux avocats présents ont fustigé l'absence de preuves sur les quantités de stupéfiants qui ont fait l'objet de ce trafic. Les plaidoiries, plus longues que prévues, ont aussi mis l'accent sur les personnalités des prévenus. Il y a ce moniteur d'auto-école toxicomane qui, d'après son avocat, M e Le Roux, s'est soigné. Il y a cet homme, dont la femme, en invalidité, doit élever ses trois enfants...
De 18 mois avec sursis
à sept ans ferme requis
Les peines requises par Patrick Lewden, elles, sont conséquentes : de 18 mois avec sursis à sept ans de prison ferme pour les principaux fournisseurs du réseau, « ces VRP des stupéfiants », comme les a surnommés le procureur. Parmi eux, on retrouve les deux fournisseurs « parisiens ». Plus loin, on retrouve les deux frères, cinq ans requis, et leur cousin, quatre ans. Un peu plus bas dans la pyramide de ce trafic, il y a les autres : pour les récidivistes, quatre ans requis, c'est la peine plancher. Six autres prévenus risquent 18 mois avec sursis.
Ajoutée à cela, l'amende réclamée par le représentant de l'administration des douanes : 517.000 €, la somme estimée de leur trafic. Le jugement sera rendu jeudi prochain.